Par Élise Kavira
À la veille de la comparution de l’ancien ministre du Commerce extérieur, Roger Lumbala, devant la Cour d’assises de Paris, une centaine de ses partisans et membres de sa famille politique ont battu le pavé ce lundi 10 novembre 2025 à Kinshasa. Objectif : demander son extradition vers la République démocratique du Congo afin qu’il soit jugé sur son propre sol.
Partis de plusieurs coins de la capitale, les manifestants se sont dirigés vers l’ambassade de France, où ils ont déposé un mémorandum exprimant leur opposition à la décision de l’État français de juger l’ancien ministre congolais à Paris. Selon eux, cette procédure viole le principe de subsidiarité, qui encadre et limite la compétence dite « universelle » en matière judiciaire.
« La souveraineté de la RDC n’est pas négociable ! Libérez Roger Lumbala ! », pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les manifestants, scandant des slogans en faveur de leur leader.
Dans son mémorandum, la famille politique de Roger Lumbala dénonce le non-respect de la souveraineté nationale.
Elle rappelle qu’à trois reprises, le parquet général près la Cour de cassation de la RDC a officiellement demandé l’extradition de l’ancien ministre afin qu’il soit jugé à Kinshasa, les faits qui lui sont reprochés ayant été commis sur le territoire congolais.
Les membres du Rassemblement Congolais pour la Démocratie Nationale (RCD-N) ont également lancé un appel solennel à la France, à la communauté internationale et à tous les partenaires du Congo afin que le droit international soit respecté et que la justice congolaise soit pleinement compétente pour connaître de ce dossier.
Pour rappel, le 7 octobre dernier, Me Philippe Zeller, avocat de Roger Lumbala, avait dénoncé le refus de la France d’extrader son client, estimant que cette position constitue une « atteinte grave à la souveraineté de la République démocratique du Congo » (lire l’article : Justice : Roger Lumbala à la barre devant la Cour d’assises de Paris le 12 novembre 2025, mais son avocat dénonce la grave violation par la France du principe de subsidiarité).
Entre revendication de souveraineté et bras de fer judiciaire, cette affaire met une fois de plus en lumière les tensions diplomatiques persistantes autour de la compétence des juridictions internationales face aux États africains.


