Le député national Pierre Nyemaso Sanguma, élu de Gemana, a beau croire défendre les 400 agents matriculés mais non payés de sa province du Sud-Ubangi, en initiant une question orale avec débat adressée au vice-premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau. Mais c’était sans savoir qu’il réveillait le chat qui dort, capable d’éventrer le boa, alors ce dernier gérait politiquement ce dossier pour ne pas éclabousser le régime passé qui a légué au pays un héritage d’un passif important des agents non payés.
En sus de la publication d’un article par Scoop RDC sur base des éléments lui fournis par un « proche du VPM », cette fois-ci les vraies précisions émanent officiellement du cabinet du patron de l’administration de la Fonction, qui donne les vrais chiffres pour ne pas laisser champ libre aux commentaires des « experts en tout » sur les réseaux sociaux. En effet, dans un communiqué officiel publié ce mercredi 29 avril dont copie est parvenue à Scoop RDC, le directeur de cabinet du VPM Lihau précise et affirme que la question des effectifs est bien réelle et fait l’objet, depuis plusieurs années, d’une analyse profonde ainsi que de réponses concrètes et effectives de la part du Gouvernement.
Il indique que pour la première fois dans l’histoire du pays, une identification biométrique rigoureuse a permis de ramener, avec Jean-Pierre Lihau, un effectif déclaré d’environ 1.480.000 agents à 785.000 certifiés dont 600.886 identifiés physiquement à travers l’ensemble du territoire national, inscrits dans le fichier de référence de l’Administration publique. Selon le directeur de cabinet, cet assainissement a été structurant et a constitué une base fiable de toute politique salariale et de toute projection budgétaire.
Si alors le député national Pierre Nyemaso Sanguma réclame à lui seul 400.000 agents pour sa province, il devra alors savoir que le VPM Lihau a fourni ces efforts dans un contexte hérité de politisation avérée de l’administration publique, caractérisée, martèle son directeur de cabinet, par des recrutements massifs et de complaisance, opérés sans respect des cadres organiques, ayant concerné près d’un million de personnes, et dont les conséquences pèsent encore aujourd’hui sur la République, et qui justifient la poursuite des opérations de contrôle et d’assainissement en cours.
Même si le communiqué du cabinet de Jean-Pierre ne le dit pas, il faut rappeler qu’au soir du régime de Kabila, c’est le professeur Michel Bongongo qui fut ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique. Par coïncidence, il est originaire du grand Equateur. N’aurait-il pas fait « cadeau électoral » aux candidats aux législatives de 2018 dont beaucoup d’électeurs étaient et sont toujours à la recherche des numéros matricules de l’Etat ? Juste une question de réflexion.
Mais loin d’abandonner ses responsabilités dans la logique de continuité, le gouvernement, face à ce passif important des agents matriculés non payés et à l’impératif de maîtrise de la masse salariale, a opté pour une mécanisation progressive. Celle-ci, souligne le directeur de cabinet de Jean-Pierre Lihau, est réalisée suivant les principes cumulatifs ci-après : la disponibilité des moyens, l’équité territoriale et administrative, l’ancienneté et l’assiduité des agents concernés.
Donc, les protégés du député national Pierre Nyemaso Sanguma devront prendre leur mal en patience car le processus se poursuit sans désemparer, avec pour objet, garantit le cabinet du VPM Lihau, de rémunérer l’ensemble des fonctionnaires régulièrement inscrits dans le fichier de référence de l’Administration publique d’ici 2027.



