Masisi : plus de 24 000 nouveaux déplacés arrivent à Kirotshe

Par Héritier Kazadi.

La recrudescence des affrontements armés dans le groupement Ufamandu 1er, en territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, provoque un nouvel afflux massif de populations civiles vers la zone de santé de Kirotshe. En l’espace de quelques jours, plus de 24 000 personnes ont fui leurs localités d’origine pour chercher refuge dans plusieurs aires de santé, dans un contexte marqué par une forte pression sur les ressources disponibles.

Selon les données reprises dans une alerte humanitaire du registre EHTools, environ 4 102 ménages, soit 24 612 personnes, sont arrivés entre le 14 et le 19 septembre 2026 dans les aires de santé de Bulengero, Kabingu, Katovu, Ngungu et Ruzirantaka. Cette nouvelle vague de déplacements intervient alors que les communautés d’accueil font déjà face à d’importants besoins humanitaires.

Des combats à l’origine d’un nouvel exode

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Ces mouvements de population font suite à la recrudescence des affrontements opposant, selon l’alerte humanitaire, les FARDC et des groupes armés d’autodéfense au M23 dans plusieurs villages du groupement Ufamandu Ier.

Les localités de Remeka, Katuunda, Muko, Burora, Nsingati, Miyano, Nkonkwe, Kashovu, Nyakigano et Kaseke figurent parmi les zones touchées par ces violences. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, de nombreuses familles ont été contraintes d’abandonner leurs habitations dans la précipitation.

La nouvelle vague s’ajoute à 6 650 ménages déplacés arrivés entre février et mai 2026. Avec ces nouveaux mouvements, la zone de santé de Kirotshe compterait désormais environ 10 752 ménages déplacés, pour quelque 15 931 ménages hôtes, selon les données humanitaires disponibles.

Une forte pression sur les familles d’accueil

La majorité des personnes déplacées est hébergée au sein des familles d’accueil. Une minorité a trouvé refuge dans des centres collectifs, notamment des écoles, ce qui accentue la promiscuité et exerce une pression supplémentaire sur les communautés locales.

Dans ces conditions, l’accès aux besoins essentiels devient de plus en plus difficile. Les déplacés ont besoin notamment de nourriture, d’eau potable, d’abris, d’articles ménagers essentiels et de soins de santé.

L’alerte humanitaire relève également une insuffisance de l’accès à l’eau potable dans l’ensemble des aires de santé concernées. Plusieurs ménages seraient contraints de recourir à des sources d’eau non aménagées, tandis que certaines latrines ne répondent pas aux normes d’hygiène. Une situation qui accroît les risques sanitaires dans une zone déjà fragilisée.

Le choléra s’ajoute à l’inquiétude

À cette crise humanitaire s’ajoute une situation sanitaire préoccupante. Une épidémie de choléra est signalée depuis plus de six mois dans les aires de santé de Bulengero et Katovu.

Au Centre de santé de Katovu, 63 cas de choléra, dont 11 concernant des enfants de moins de cinq ans, ont été admis entre le 1er et le 17 septembre 2026. L’arrivée massive de nouvelles populations dans une zone confrontée à des difficultés d’accès à l’eau potable et à l’assainissement pourrait compliquer davantage la situation sanitaire.

Les structures sanitaires sont elles-mêmes soumises à une pression croissante. L’augmentation de la fréquentation liée à l’arrivée des déplacés entraîne une surcharge des services et des ruptures ponctuelles de médicaments dans certaines formations sanitaires, selon l’alerte humanitaire.

Une réponse humanitaire jugée urgente

Face à l’ampleur des besoins, les priorités identifiées concernent notamment la sécurité alimentaire, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, les abris, les articles ménagers essentiels ainsi que l’accès aux soins de santé.

Une évaluation multisectorielle urgente est ainsi sollicitée afin de déterminer avec davantage de précision l’ampleur des besoins et de permettre aux acteurs humanitaires de dimensionner une éventuelle réponse adaptée aux personnes déplacées comme aux communautés qui les accueillent.

La situation demeure d’autant plus préoccupante que de nouvelles personnes continuent d’arriver dans la zone en raison de la poursuite des affrontements. L’alerte humanitaire publiée le 27 septembre classe la situation comme sévère et indique qu’elle est encore au stade de diagnostic préliminaire, dans l’attente d’une évaluation plus approfondie.

Au-delà des chiffres, cette nouvelle vague de déplacements met donc une nouvelle fois à rude épreuve les capacités d’accueil des communautés de Kirotshe. Dans un territoire de Masisi déjà fortement affecté par les violences armées, l’accès rapide à l’eau, à la nourriture, aux soins et à un hébergement digne apparaît comme un enjeu majeur pour éviter une aggravation de la vulnérabilité des populations civiles.

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