CNSSAP : les syndicats dénoncent l’absentéisme et le clientélisme présumés de Junior Mata

À la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP), la contestation monte d’un cran. L’Intersyndicale de l’Administration publique (INAP) et d’autres organisations syndicales des agents publics mettent en cause la gouvernance du directeur général, Junior Mata, qu’elles accusent notamment d’absentéisme chronique et de ce qu’elles présentent comme du clientélisme et favoritisme dans les promotions. Elles en appellent directement à l’intervention du chef de l’État.

Un directeur général d’un établissement public qui se présente au bureau aux jours et aux heures de son choix ? Ce n’est pas nouveau et c’est même fréquent en République démocratique du Congo. Mais un DG qui ne se pointe pas au bureau pendant un mois alors qu’il est présent à Kinshasa et est aperçu ailleurs à travers la capitale ? C’est devenu la marque de fabrique de Junior Mata, selon plusieurs organisations syndicales dont l’INAP.

Ces organisations syndicales des agents publics demandent l’intervention du président de la République, Félix Tshisekedi, pour faire la lumière sur ce qu’elles présentent comme de graves dysfonctionnements dans la gestion de l’établissement. Parmi les griefs retenus contre Junior Mata, figurent notamment l’absentéisme. 

D’après des agents de la direction générale, le directeur général de la CNSSAP serait régulièrement absent de son lieu de travail, au point, affirment-ils, de pouvoir passer plusieurs semaines sans se présenter au bureau.

Des accusations qui contrastent avec la communication officielle de la CNSSAP, qui continue de mettre en avant les activités et réformes conduites sous le leadership de Junior Mata, à travers une série de communiqués de presse. De quoi pousser les organisations syndicales à se demander si la CNSSAP est devenue une chaîne de télévision avec d’après elles, plus de communications jugées vides et absconses que d’actions dans le sens des réformes tant souhaitées par le chef de l’Etat. 

Pour les organisations syndicales, le problème ne se limiterait toutefois pas à la présence physique du DG. Elles dénoncent également ce qu’elles qualifient de « clientélisme », accusant Junior Mata de favoriser des membres de sa famille et de sa belle-famille dans l’accès à des postes de responsabilité.

Les allégations visent particulièrement certains proches du DG qui auraient bénéficié de promotions rapides vers des fonctions de chefs de division ou de chefs de service, parfois après une ancienneté jugée insuffisante au sein de l’institution. Ces accusations que l’on dit documentées et vérifiées, constituent désormais l’un des principaux points de tension soulevés par les représentants syndicaux.

Les syndicats relèvent également que le DG de la CNSSAP se   présenterait comme un proche ou un « protégé » d’un membre influent de la famille présidentielle, ce qui lui donnerait, selon eux, le sentiment de bénéficier d’une forme d’impunité. 

Face à cette situation, l’INAP et les autres délégations syndicales souhaitent notamment qu’une enquête permette de vérifier les faits dénoncés et, le cas échéant, d’établir les responsabilités. Vivement une enquête contradictoire. 

Nommé directeur général de la CNSSAP en novembre 2022, Junior Mata a été reconduit dans ses fonctions lors du renouvellement des mandataires de l’établissement en décembre 2025.

À ne pas rater

À la une