« La justice ne doit pas seulement être rendue ; elle doit aussi être perçue comme telle ». Ce principe fondamental de l’État de droit trouve une inquiétude profonde dans le dossier relatif à l’assassinat de l’homme d’affaires et opérateur sportif Vally Amisi, dont les circonstances demeurent entourées de nombreuses zones d’ombre plusieurs mois après les faits.
Dans la nuit du 9 au 10 avril 2026, Vally Amisi a perdu la vie dans des circonstances violentes à Kinshasa. Son corps a été retrouvé quelques heures plus tard derrière un établissement hôtelier de la commune de la Gombe, suscitant une vive émotion au sein de l’opinion publique.
Face à l’ampleur de l’affaire, les autorités judiciaires avaient annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et assuré que toutes les diligences nécessaires seraient entreprises afin d’identifier, d’interpeller et de traduire devant les juridictions compétentes les auteurs, coauteurs ou complices éventuels de ce crime.
Les premières investigations avaient notamment conduit à l’identification d’un suspect, faisant l’objet d’un avis de recherche. Des images de vidéosurveillance avaient également été évoquées parmi les éléments matériels susceptibles d’orienter les enquêteurs.
Pourtant, plusieurs mois après ces annonces, aucune communication officielle n’est venue informer l’opinion publique de l’évolution de la procédure, ni confirmer l’interpellation des personnes recherchées, ni faire état d’une décision de justice ou d’un éventuel renvoi devant une juridiction de jugement.
Sur le plan juridique, l’absence de communication officielle ne saurait être assimilée à un classement sans suite. Une information judiciaire peut demeurer en cours tout en étant soumise aux exigences du secret de l’instruction. Toutefois, lorsqu’une affaire revêt un intérêt public majeur, un silence prolongé des autorités est de nature à alimenter les interrogations et à fragiliser la confiance des citoyens dans l’action de la justice.
La famille de Vally Amisi demeure aujourd’hui dans l’attente. Après avoir récemment procédé à l’inhumation de leur proche, ses membres espèrent toujours connaître la vérité sur les circonstances exactes de ce drame et voir les responsables répondre de leurs actes devant la justice. Pour eux, le deuil ne saurait être pleinement achevé tant que les responsabilités pénales n’auront pas été établies.
Cette affaire relance, une fois de plus, le débat sur l’obligation de diligence des autorités judiciaires et sur la nécessité d’une communication institutionnelle adaptée, conciliant le respect du secret de l’instruction avec le droit légitime des victimes et de la société à être informées de l’évolution des procédures présentant un intérêt public.
Au-delà de l’émotion, une exigence fondamentale s’impose : celle de la manifestation de la vérité. Dans un État de droit, la lutte contre l’impunité ne se mesure pas uniquement à l’ouverture d’une enquête, mais également à son aboutissement dans un délai raisonnable, conformément aux principes d’une bonne administration de la justice.
À ce jour, une interrogation demeure entière : qui a tué Vally Amisi ? Et surtout, quand la justice apportera-t-elle à sa famille et à l’opinion publique les réponses attendues depuis plusieurs mois ?
Dossier à suivre.




