Dans une correspondance datée du 6 juillet dernier et adressée au commissaire général de la police ainsi qu’aux commissaires provinciaux, le VPM de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, donne des instructions fermes aux services de sécurité et à la police afin de mettre un terme définitif à l’utilisation des gyrophares, des feux multicolores, des sirènes ainsi que des escortes policières ou militaires par les civils. Le VPM ne se limite pas à ces seules interdictions, sa directive proscrit également l’utilisation des plaques d’immatriculation bâchées et exige l’application stricte de cette mesure sur toute l’étendue du territoire national.
Coup d’épée dans l’eau ?
Cette question vaut son pesant d’or. Non sans raison, car ce n’est pas la première fois que le patron de l’Intérieur et de la sécurité sort ses griffes et gronde pour mettre fin au comportement incivique sur les artères du pays, particulièrement à Kinshasa et en majorité l’œuvre des officiels, toutes catégories confondues : ministres, généraux militaires et policiers, les conseillers à la présidence de la République, etc.
Déjà le 9 décembre 2025 et cela fait sept mois que Jacquemain Shabani prit la même décision (Lire l’article de Scoop RDC : Escortes, sirènes et gyrophares interdits sur toute l’étendue du territoire : La décision de Shabani sera-t-elle respectée ?).
Que donne l’évaluation de cette décision et quel en est le résultat sept mois après ? Sans peur d’être contredit, rien n’a changé : ce sont des emprunts de sens inverse et unique, des créations de deuxième et troisième bande, des bruits des gyrophares sur toute la ville, des plaques d’immatriculation bâchées même des véhicules de la police qui sont constatés et vécus tous les jours, surtout à Kinshasa.
Si le président de la République qui a interdit maintes fois ce genre de comportement en prévenant même que les contrevenants, y compris parmi les responsables publics, s’exposaient à des sanctions pouvant aller jusqu’au limogeage, n’est pas obéi, quelles mesures de contrainte les pauvres policiers de circulation routière chargés par Jacquemain Shabani imposeront-ils aux galonnés et ces « Excellences » pendant que leurs collègues qui les escortent sont eux-mêmes dans ces abus ? Comment convaincre la population de respecter les règles lorsque ceux qui les édictent donnent l’impression de s’en exonérer ? Comment exiger discipline et civisme si les détenteurs du pouvoir continuent, lorsqu’ils sont concernés, à bénéficier d’une forme d’impunité ?
Espérons que cette fois-ci sera la bonne pour l’exécution sans faille de la décision du VPM Shabani. Mais pessimistes, nous croisons encore les doigts.



