Face aux révélations fracassantes du dernier rapport de l’ONU, le député national André Lite passe à l’offensive. Dans une déclaration exclusive à Top Congo FM, l’élu annonce qu’il saisit le ministre de la Justice et le Procureur général près la Cour de cassation pour déclencher des poursuites contre l’entité « Accès Finance S.A. », mais surtout pour pousser Washington à sanctionner certaines de ses propres multinationales.
Le rapport des experts des Nations Unies sur le réseau financier parallèle orchestré par le Rwanda et le M23 à Goma et Rubaya ne restera pas sans conséquence. Le député national André Lite, accompagné d’un collectif de parlementaires, a décidé d’activer la voie judiciaire pour transformer ces dénonciations en condamnations financières.
Le gouvernement américain interpellé via Western Union, MoneyGram et SWIFT
Pour André Lite, la clé du dossier se trouve en partie à Washington. Le code SWIFT, MoneyGram et Western Union étant des technologies et des entreprises américaines, elles tombent sous le coup des lois des États-Unis.
« Ces entreprises qui facilitent les transactions de ce réseau dans la partie occupée du Congo auraient dû savoir par due diligence qu’elles le feraient en violation des sanctions de l’OFAC, cheville ouvrière du Département du trésor américain, à l’encontre de l’armée rwandaise ainsi que de son faire-valoir du M23 », tonne le député national.
Les élus demandent ainsi au ministre de la Justice de s’adresser directement à l’administration Trump, via la voie diplomatique, bien entendu.
L’objectif final est clair : obtenir des condamnations financières lourdes aux États-Unis en termes de réparations pour la RDC.
Trafic d’or en Ituri : « La partie immergée de l’iceberg »
Le député Lite a également pointé du doigt le mécanisme financier criminel qui contribue notamment à l’ingouvernabilité de la partie orientale de la RDC depuis des décennies, à travers le pillage entre autres de l’or. Selon ses propos, les fonds atterrissent dans les pays voisins. De là, on récupère les cash qui passent par les frontalières.
« Ces fonds sont souvent convoyés en RDC en liquide pour le pillage de l’or, du coltant… », affirme-t-il, qualifiant les données actuelles de l’ONU de simple « partie immergée de l’iceberg ».
Traque locale contre « Accès Finance S.A. »
Sur le plan national, l’action ne sera pas moins ferme. Le collectif de députés demande au Procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir « sans délai » une information judiciaire. La cible prioritaire au niveau domestique est clairement identifiée : l’agence Accès Finance S.A., qualifiée par le député d’« entité financière criminelle » opérant illégalement dans les zones sous contrôle rebelle.
La saisine officielle devrait être déposée sur la table du ministre de la Justice dans les prochaines heures, marquant le début d’une procédure qui ambitionne de frapper le portefeuille des agresseurs de la RDC et de leurs complices.



