Dans son communiqué officiel du 4 juillet dernier pour recadrer la mauvaise exploitation par la presse et les réseaux de son document du 25 juin adressé à la Direction générale des migrations (DGM), le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde affirme que l’injonction d’ouvrir une instruction judiciaire sur les faits de corruption, faux en écritures et blanchiment de capitaux présumés imputés aux responsables de Rawbank et à l’ancien Inspecteur des finances Jules Alingete, lui a été donnée par le ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des sceaux Guillaume Ngefa.
D’après les informations parvenues à Scoop RDC, ce dernier aurait été approché et induit en erreur par un sujet camerounais Jules Njunguo, reconnu comme un « escroc notoire », se présentant comme agent de la Monusco, qui lui aurait fait croire que Rawbank et Jules Alingete seraient « sous examen des sanctions américaines pour fraude fiscale » et qu’il serait « impérieux que la justice de la République démocratique du Congo les interpelle ». Et Guillame Ngefa aurait mordu facilement à l’hameçon sans savoir les conséquences qui pouvaient découler de son injonction au PG par la suite.
Or, selon toujours les informations parvenues au média en ligne, l’escroc de camerounais avait tenté d’approcher auparavant mais sans succès, les responsables de Rawbank ainsi que Jules Alingete pour exiger des sommes colossales afin de les « enlever d’une prétendue liste des sanctions américaines ».
Le même camerounais Jules Njunguo aurait déjà tenté d’escroquer plusieurs personnalités, dont le directeur général de la Sofibanque, le vice-premier ministre Jean-Pierre Bemba, l’ancien conseiller privé du président de la République Fortunat Biselele Bifort et l’ancien gouverneur de Kinshasa Gentiny Ngobila Mbaka, avec le même prétexte de sanctions à lever contre paiement.
Comment Guillaume Ngefa pouvait-il se faire prendre par une pareille personnalité sulfureuse sans demander à ses proches et collaborateurs sa fiche signalétique ? En accusant Rawbank de blanchiment des capitaux et de corruption alors que c’est cette banque qui a agi comme Joint Global Coordinator et pilier national de la levée de fonds d’eurobond, Guillaume Ngefa s’était-il rendu comptes des conséquences néfastes que cette accusation devrait occasionner dans le monde financier international ?
Pour ceux qui ne le savent pas, Rawbank est la banque fondée et dirigée par les Rawji que l’on voulait mettre en cause. C’est la principale banque commerciale du pays, l’institution financière qui a servi de caution pour l’obtention par Kinshasa de son premier Eurobond en avril dernier. Ce qui a été un succès diplomatique et économique, salué par tous, puisqu’ayant ouvert les portes de la finance internationale à la République Démocratique du Congo.
Kinshasa a conduit ce tout premier Eurobond, baptisé « Mbote », en s’appuyant principalement sur la banque américaine Citigroup via sa filiale Citigroup Global Markets. Aux côtés de Rawbank, Kinshasa a fait de cette institution le Joint Global Coordinator -coordinateur global- et Joint Bookrunner -teneur de livre conjoint- de l’opération historique de 1,25 milliard de dollars américains.
Voici comment la charpente a été structurée pour cette émission inaugurale : chef de file et arrangeur, Citigroup a mené l’opération aux côtés des autorités de la République démocratique du Congo et des investisseurs. Partenaire local, Rawbank a agi comme Joint Global Coordinator et pilier national de cette levée de fonds. Une autre banque internationale a été associée à l’opération : Standard Chartered Bank, en qualité de Joint Bookrunner.
C’est ce bon résultat obtenu après des efforts et sacrifices consentis plusieurs années au ministère des finances que le minétat de la Justice a failli faire envoler malencontreusement pour avoir écouté un escroc camerounais. Non sans raison, car dans les milieux de la finance, la réputation compte au premier plan. Surtout celle d’une banque caution d’un Eurobond souverain. La mêler à une affaire relayée sur fond de mensonges et de spéculations sur les réseaux sociaux, c’est toucher à l’image de toutes les banques partenaires associées au dossier Eurobond. C’est exposer les investisseurs liés à ce deal.
Aussi, en voulant salir et ternir l’image de Jules Alingete, ancien inspecteur général des finances qui a marqué l’Inspection générale des finances par sa lutte acharnée contre la prédation des finances publiques au risque de sa vie, c’était, non seulement une erreur monumentale de Guillaume Ngafa d’écrouler tout le travail de l’Inspection générale des finances que les détourneurs des deniers publics et les corrupteurs ainsi que les corrompus craignent grâce à la discipline implémentée et laissée par celui que l’on avait surnommé « flic ou gendarme financier », mais aussi porter en faux le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi qui, à plusieurs reprises jetait des fleurs sur le travail d’Alingete qu’il avait personnellement surnommé « chien méchant » et donner caution à critique à tous les prédateurs que ce dernier traquait et qui lui en veulent à mort jusqu’aujourd’hui.
Heureusement que les investigations du parquet général près la Cour de cassation ont abouti au non-lieu d’autant plus que la culpabilité des incriminés et la preuve de leur implication dans les faits mis en leur charge n’ont pas été établies.



