Fausse affaire Rawbank-Jules Alingete : Le minétat de la Justice Guillaume Ngefa réagit !

A l’article de Scoop RDC intitulé « Fausse affaire Rawbank-Jules Alingete : Comment Guillaume Ngefa pouvait-il se faire induire en erreur par un escroc camerounais Jules Njunguo au risque de faire capoter eurobond ? », le cabinet de ce dernier a réagi. Ci-dessous le droit de réponse adressé au directeur général du média en ligne : 

A Monsieur Innocent Olenga, Responsable de Scoop RDC

Fausse affaire Rawbank-Jules Alingete : Comment Guillaume Ngefa pouvait-il se faire induire en erreur par un escroc camerounais Jules Njunguo au risque de faire capoter eurobond ?

DROIT DE RÉPONSE

Le Cabinet du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, prend acte de la publication de l’article consacré au dossier relatif à Rawbank et à M. Jules Alingete.

Cet article comporte de nombreuses affirmations présentées comme des faits alors qu’elles ne reposent sur aucun élément officiellement établi ou vérifiable. Elles portent atteinte à l’honneur, à la considération et à la crédibilité du Ministre d’État ainsi qu’à l’action des institutions de la République.

Contrairement à ce qui est affirmé, le Ministre d’État n’a jamais agi sur la base de prétendues manœuvres ou informations fournies par une personne se présentant sous une quelconque qualité. Les allégations selon lesquelles il aurait été « induit en erreur » ou aurait pris une décision sous l’influence d’un individu présenté comme un intermédiaire relèvent de la pure spéculation et ne sont étayées par aucun élément de preuve.

Dans l’exercice de ses attributions, le Ministre d’État agit exclusivement dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des prérogatives que lui confèrent les textes en vigueur. Les injonctions adressées au ministère public, lorsqu’elles interviennent dans le cadre légal applicable, ne constituent ni une déclaration de culpabilité ni un jugement anticipé sur les personnes concernées. Elles ont uniquement pour objet de permettre à l’autorité judiciaire de vérifier des faits portés à sa connaissance, dans le respect du principe de la présomption d’innocence et de l’indépendance des magistrats dans la conduite des enquêtes.

Le fait qu’une procédure judiciaire aboutisse à l’absence de poursuites ou à une décision favorable aux personnes concernées ne saurait, en lui-même, être interprété comme la preuve d’une faute du Ministre d’État ou d’une quelconque manipulation. Le fonctionnement normal de la justice implique précisément que les investigations permettent soit d’établir l’existence d’infractions, soit de les écarter lorsque les éléments de preuve sont insuffisants.

Par ailleurs, le Cabinet du Ministre d’État rejette catégoriquement toute tentative d’établir un lien entre cette procédure judiciaire et les opérations financières internationales auxquelles ont participé Rawbank ou d’autres partenaires. Aucune preuve n’est apportée par l’auteur de l’article permettant de soutenir que l’action judiciaire évoquée aurait compromis l’émission de l’Eurobond de la République démocratique du Congo ou porté atteinte à la réputation financière du pays.

Le Cabinet tient également à rappeler que le Ministre d’État nourrit le plus grand respect pour toutes les institutions de la République ainsi que pour les responsables publics ayant servi l’État, y compris les anciens responsables de l’Inspection générale des finances. Les procédures judiciaires ne doivent jamais être interprétées comme des attaques personnelles contre des individus ou contre les institutions auxquelles ils ont appartenu.

Enfin, le Cabinet regrette le recours à un vocabulaire péjoratif, à des jugements de valeur et à des imputations personnelles qui ne contribuent ni à une information équilibrée du public ni au débat démocratique. La liberté de la presse est un principe fondamental qui s’accompagne de l’obligation de vérifier les faits, de respecter la présomption d’innocence et de veiller à l’exactitude des informations diffusées.

En conséquence, le Cabinet du Ministre d’État demande la publication intégrale du présent droit de réponse dans les mêmes conditions de visibilité que l’article concerné, conformément aux dispositions légales régissant le droit de réponse en République démocratique du Congo.

Le Cabinet du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux

Fait à Kinshasa, le 06 juillet 2026

Note de la Rédaction 

Scooprdc prend acte du droit de réponse du ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, et procède à sa publication intégrale dans les mêmes conditions de visibilité que l’article visé, conformément à la loi sur la presse en République Démocratique du Congo.

Au-delà de la publication, nous nous permettons, avec tout le respect dû aux fonctions du ministre, de formuler une observation de fond qui nous paraît utile pour la crédibilité de l’action publique et la sérénité du débat.

Sur le pouvoir d’injonction du Ministre de la Justice

Le texte rappelle à juste titre que les injonctions au Ministère public s’inscrivent dans le cadre légal et ne préjugent pas de la culpabilité. C’est un principe essentiel de séparation des pouvoirs.

Pour renforcer cependant la confiance des partenaires économiques, des investisseurs, de n’importe quel opérateur et de l’opinion, il nous semble important que l’exercice de ce pouvoir d’injonction repose, ne serait-ce que minimalement, sur des indices sérieux et concordants préalablement vérifiés.

Deux raisons à cela :

1. Efficacité judiciaire : Des saisines étayées permettent au Parquet de gagner en temps et en moyens, d’éviter les classements sans suite qui nourrissent ensuite les polémiques. Ça ne devrait pas spéculer à ce niveau. Surtout pas. 

2. Sécurité juridique et image pays : Dans un dossier impliquant une banque systémique comme Rawbank et des opérations de marché comme l’Eurobond, le seul fait d’une injonction publique, même sans suite, peut être instrumentalisé et créer des effets collatéraux sur la signature financière de la République démocratique du Congo.

Ce n’est donc pas remettre en cause la prérogative légale du ministre, mais plaider pour qu’elle s’exerce avec le maximum de garanties factuelles en amont. Cela protégerait à la fois l’institution, le ministre, et l’action du Gouvernement.

Scooprdc est disposé à prendre part à tout débat pour tout échange visant à préciser les faits et à éviter que des informations non vérifiées ne viennent polluer le travail des institutions.

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