Babila-Babombi : Les autorités suspendent le commerce informel du cacao et imposent de nouvelles règles aux acheteurs

Par Héritier Kazadi

Les autorités de la chefferie de Babila-Babombi, en territoire de Mambasa (Ituri), ont annoncé une série de mesures visant à réorganiser la commercialisation du cacao sur toute l’étendue de la chefferie. Dans un avis officiel signé le 29 juin 2026 à Biakato par les agronomes de l’ONAPAC et de la chefferie, les cultivateurs ainsi que les acheteurs sont appelés à se conformer aux nouvelles dispositions destinées à garantir une meilleure qualité de la production et à lutter contre les pratiques commerciales irrégulières.

Selon ce communiqué, l’achat et la vente du cacao frais ou non fermenté sont désormais interdits. Les autorités exigent que seul le cacao correctement fermenté puisse être commercialisé. Les acheteurs ambulants, communément appelés railleurs, sont également interdits d’exercer leurs activités dans la chefferie. Ceux-ci sont sommés de cesser immédiatement leurs opérations afin de permettre un meilleur contrôle de la filière.

Le document précise en outre que tout cacao non fermenté devra être remis aux coopératives, sociétés ou dépôts d’achat agréés avant le 11 juillet 2026. Les opérateurs économiques provenant notamment de Beni, Butembo, Oïcha et d’autres agglomérations souhaitant acheter du cacao dans la chefferie devront obligatoirement obtenir une autorisation de l’ONAPAC avant d’exercer leurs activités.

Les associations d’acheteurs disposent, quant à elles, jusqu’au 15 juillet 2026 pour transmettre la liste de leurs membres auprès du service agronomique de la chefferie. Les autorités suspendent également les activités des personnes qui cumulent les fonctions de planteur et d’acheteur, estimant que cette pratique favorise des irrégularités dans le circuit de commercialisation.

Enfin, le communiqué rappelle que seules les sociétés, coopératives ou structures officiellement reconnues par l’État sont autorisées à acheter du cacao. Les transactions directement dans les champs ou sur les parcelles des producteurs sont interdites. Les contrevenants s’exposent à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

Cette décision traduit la volonté des autorités de professionnaliser la filière cacao dans la chefferie de Babila-Babombi, une importante zone de production. En interdisant l’achat du cacao non fermenté et les activités des acheteurs informels, l’administration cherche à améliorer la qualité du cacao destiné au marché national et international, où la fermentation constitue un critère essentiel.

Ces mesures visent également à renforcer la traçabilité, à limiter la fraude et à assurer un meilleur encadrement des opérateurs économiques. Toutefois, leur succès dépendra de la capacité des autorités à faire respecter ces nouvelles règles, tout en accompagnant les producteurs et les acheteurs dans leur mise en œuvre afin d’éviter des perturbations du marché local.

À ne pas rater

À la une