Télécommunications en RDC : après la pression du gouvernement, les opérateurs promettent d’améliorer la qualité des services

Par Héritier Kazadi 

L’industrie des télécommunications en République démocratique du Congo tente de rassurer après la sortie musclée du gouvernement sur la dégradation persistante de la qualité des services de téléphonie mobile et d’Internet dans plusieurs provinces du pays.

Dans un communiqué consulté par Scooprdc.net, les opérateurs du secteur disent prendre « très au sérieux » les préoccupations exprimées par les autorités congolaises au sujet des perturbations observées sur les réseaux de communication électronique.

Cette réaction intervient après l’interpellation du ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu qui a eu, deux jours (mercredi 13 et jeudi 14 mai) durant, des séances de travail avec les responsables de Vodacom, Airtel, Orange et Africell. Était aussi associé à ces rencontres, le président de l’Autorité de régulation, Christian Katende.

Me José Mpanda a dénoncé la mauvaise qualité des services offerts aux consommateurs congolais, marquée notamment par les coupures fréquentes, la lenteur de la connexion Internet et l’instabilité des appels. « J’ai honte d’être ministre votre ministre de tutelle parce que quand je communique même moi-même, les appels sont souvent interrompus, l’internet est lent et ce n’est pas sérieux », reproche-t-il les responsables de ces quatre sociétés des télécoms.

Face à la pression grandissante des abonnés et des institutions publiques, les sociétés de télécommunications assurent être pleinement mobilisées afin d’améliorer les performances de leurs réseaux.

« Nous sommes conscients de l’importance de cette problématique et mettons tout en œuvre pour y remédier », indiquent les opérateurs, affirmant suivre de près les recommandations formulées par la présidence de la République, le gouvernement, les institutions nationales, la société civile ainsi que les consommateurs.

Les entreprises du secteur rappellent par ailleurs qu’en vertu des obligations contenues dans leurs cahiers des charges, elles sont tenues de garantir une qualité optimale des services sur toute l’étendue du territoire national. Elles soutiennent ainsi investir continuellement dans la modernisation des infrastructures et le renforcement des capacités techniques des réseaux.

La part du gouvernement aussi exigée

Dans leur document rendu public jeudi 14 mai, les opérateurs évoquent plusieurs contraintes majeures qui freinent les efforts d’amélioration engagés. Ils exigent poliment du gouvernement l’accomplissement de sa part des responsables qui constituent les difficultés pour les sociétés des télécoms. C’est notamment l’instabilité chronique de l’alimentation électrique, les coupures répétées de la fibre optique, l’insécurité dans certaines zones du pays, les difficultés d’accès aux sites techniques ainsi que l’insuffisance des infrastructures de base (Ndlr : les tours ou les antennes que le gouvernement doit mettre à leur disposition à travers le pays. Le secteur a besoin d’au moins 50 mille alors qu’actuellement il y a que plus ou moins 5.100 qui sont disponibles).

A ces difficultés rencontrées par les sociétés des télécoms, il aut aussi ajouter le manque de ressources en spectre de fréquences qui est présenté comme un facteur impactant significativement la qualité des communications électroniques en RDC.

Face à cette situation, les sociétés de télécommunications sollicitent l’accompagnement du gouvernement afin de mettre en place des solutions durables à court, moyen et long terme. Elles annoncent vouloir soumettre prochainement plusieurs propositions concrètes aux autorités compétentes pour tenter de redresser le secteur.

S’agissant de la protection des consommateurs, les opérateurs affirment avoir déjà instauré des mécanismes de compensation et des dispositifs de gestion des plaintes, en collaboration avec l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo, afin d’assurer une meilleure prise en charge des réclamations des abonnés.

L’industrie des télécommunications réaffirme enfin sa volonté de travailler avec l’ensemble des parties prenantes pour relever les défis du secteur et respecter les engagements pris lors des États généraux de la communication et des médias.

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