À l’occasion de son 14ᵉ anniversaire célébré le 1er mai 2026, le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) a publié une déclaration publique au ton particulièrement ferme, mêlant hommage à ses militants disparus, dénonciation des dérives sécuritaires et mise en garde contre toute tentative de modification constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Dans un message à forte charge politique, la LUCHA affirme poursuivre « un Congo plus juste, plus libre et plus digne », tout en rappelant qu’elle reste marquée par « quatorze années de mobilisation, de résistance non violente et de sacrifices ».
Hommage aux militants tombés et dénonciation des violences
Le mouvement citoyen a rendu un hommage appuyé à plusieurs de ses membres et sympathisants décédés dans des circonstances tragiques, citant notamment Luc Nkulula, Obadi Muhindo, Freddy Kambale, Mumbere Ushindi ainsi que d’autres militants victimes de violences armées ou de disparitions.
La LUCHA évoque également la situation de certains de ses camarades encore détenus, notamment à Bunia, et exige leur « libération immédiate et sans condition », dénonçant des arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires.
Sécurité à l’Est : accusation contre le M23 et appel à l’État
Sur le plan sécuritaire, la déclaration condamne fermement la situation dans l’Est de la RDC, pointant du doigt l’occupation de territoires par l’AFC/M23, soutenu, confirme-t-elle, par le Rwanda.
Le mouvement exige du gouvernement congolais de « défendre l’intégrité territoriale » et de travailler à la « restauration effective de l’autorité de l’État dans les zones occupées ».
La LUCHA réclame également le retrait des forces étrangères présentes dans certaines zones, avant toute reprise des négociations internationales en cours.
Tension autour du projet de révision constitutionnelle
Autre point central : la LUCHA s’oppose catégoriquement à toute tentative de révision ou de changement de la Constitution.
Dans sa déclaration, elle met en garde le président Félix Tshisekedi, l’exhortant à « honorer l’esprit de son serment » et à abandonner ce projet qu’elle qualifie de « dangereuse provocation ».
Le mouvement ravive également le souvenir de figures emblématiques de la lutte démocratique en RDC, notamment Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala, ainsi que d’autres victimes de violences politiques et sécuritaires.
Souveraineté migratoire et critique des politiques publiques
La LUCHA s’oppose aussi à toute politique migratoire qu’elle juge contraire aux intérêts nationaux, estimant que la RDC ne peut être « une terre de relocalisation » pendant que sa population fait face au chômage et aux déplacements forcés.
Elle critique également les initiatives diplomatiques en cours sur la crise sécuritaire dans l’Est, dénonçant une exclusion de la société civile et des victimes dans les processus de négociation.
Quatre engagements renouvelés
Pour conclure, la LUCHA réaffirme quatre engagements majeurs :
* la poursuite du plaidoyer pour la libération des détenus d’opinion ;
* la préservation de la mémoire des militants morts ;
* la défense d’un Congo démocratique et socialement juste ;
* l’attachement à l’unité et à la souveraineté nationale.
« Le combat de nos martyrs demeure notre leitmotiv », conclut le mouvement, affirmant que « la lutte continue ».
Rappelons que la Lucha est un mouvement citoyen non-partisan et non-violent, fondé le 1er mai 2012 à Goma, en République démocratique du Congo. Il rassemble des jeunes congolais luttant pour la justice sociale, la démocratie, la dignité humaine et l’amélioration des conditions de vie (eau, électricité, sécurité) via des actions directes et pacifiques.



