Gestion opaque à l’OCC : Julien Paluku donne un ultimatum de 20 jours au DG pour des explications réglementées

Par Claude Baguma

Le climat se tend à l’Office congolais de contrôle (OCC). Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a adressé une lettre officielle au Directeur général de l’OCC, Tshimanga Mutombo, l’invitant à fournir des explications écrites et réglementées sur une gestion qu’il qualifie de « gravité exceptionnelle », ouvrant ainsi la voie à une éventuelle procédure disciplinaire pour fautes de gestion, insubordination et mise en péril des intérêts de l’établissement public.

Des pratiques jugées contraires aux règles

Dans sa correspondance, le ministre dénonce une volonté manifeste de s’affranchir des règles administratives, financières et éthiques qui régissent l’OCC. Il évoque notamment des recrutements contestés, effectués malgré les mesures d’austérité et les difficultés de l’entreprise à assurer le paiement régulier des salaires de son personnel.

« Il est incompréhensible que des engagements de personnel soient effectués alors même que l’entreprise peine à honorer ses obligations salariales », souligne Julien Paluku.

Un système informatique parallèle sous enquête

Autre point d’alerte : la mise en place présumée d’un système informatique parallèle pour la gestion du contrôle des importations, notamment dans la direction provinciale de Matadi, avec un déploiement en cours dans l’espace Katanga. Selon le ministre, ce dispositif fonctionnerait en marge des procédures officielles, constituant une menace sérieuse pour la transparence et la traçabilité des opérations de l’OCC.

Un préjudice financier estimé à plus de 25 millions USD

La lettre ministérielle met en avant un manque à gagner supérieur à 25 millions de dollars pour l’exercice 2025, lié à l’utilisation frauduleuse d’attestations de vérification, principalement rattachées à BIVAC BV. Plus de 6 600 dossiers seraient concernés, la majorité provenant de Matadi, occasionnant un préjudice grave pour l’OCC et le Trésor public.

« Ces pratiques portent gravement atteinte aux intérêts financiers de l’État », insiste le ministre.

Ultimatum de 20 jours

Face à la gravité des accusations, Julien Paluku accorde un délai de 20 jours au Directeur général pour fournir des explications écrites, circonstanciées et documentées, notamment sur :

• les recrutements effectués malgré l’interdiction formelle ;

• l’identité des concepteurs et administrateurs du système informatique parallèle ;

• la disparition présumée des recettes issues des attestations de vérification.

Le ministre justifie cette démarche par la nécessité de préserver le patrimoine de l’État et d’assurer une gestion rigoureuse et conforme aux règles au sein de l’OCC. L’issue de ce dossier pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance de l’Office, alors que les autorités affichent leur détermination à lutter contre les dérives dans les entreprises publiques.

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