La jurisprudence sportive sur l’interruption prolongée en finale : le Sénégal peut-il subir la rigueur des règlements de la CAN ?

La Confédération africaine de football (CAF) se retrouve face à une situation délicate. Le verdict sur l’interruption prolongée du match pourrait tout chambouler ce mardi 27 janvier, et le champion en titre, le Sénégal, pourrait en théorie être sanctionné.

Si la destitution administrative du titre semble improbable, le droit sportif reste implacable. Dans les coulisses, le message est clair : « le retrait du titre est possible ».

Règlement implacable : l’article 82

L’article 82 du règlement de la CAN 2025, largement diffusé depuis la finale, ne laisse aucune place au doute : « Toute équipe quittant le terrain sans l’ordre de l’arbitre est déclarée perdante par forfait (3-0) »

Aucune notion de « délai de grâce » n’existe. Même une interruption de 10 à 20 minutes, pour contester le VAR ou une décision arbitrale, ne protège pas l’équipe fautive.

La crédibilité de l’arbitrage en jeu

Ne pas sanctionner ce type d’interruption créerait un précédent dangereux : demain, n’importe quelle équipe pourrait quitter le terrain pour contester une décision, semant le chaos dans les compétitions africaines. La CAF, fidèle à ses règlements, ne peut se permettre de laisser passer un tel précédent.

Jurisprudence sportive : des précédents lourds

L’histoire récente du football africain montre que la CAF applique strictement les règles, même contre des nations ou clubs prestigieux :

  • Tunisie – Nigeria (CAN 1978) : les Tunisiens quittent le terrain à la 42ᵉ minute pour contester l’arbitrage.

           Sanction : match perdu 2-0 et 2 ans d’interdiction de toute    

           compétition africaine.

  • Espérance – Wydad (CAF 2019) : le Wydad refuse de reprendre le jeu après une panne du VAR.

          Verdict : défaite par forfait, confirmé par le TAS.

Ces exemples démontrent que la CAF ne transige pas avec l’autorité de l’arbitre, même face aux équipes les plus renommées.

Le Sénégal face à la rigueur sportive

Si le Sénégal venait à perdre le match par application stricte de l’article 82, ce ne serait pas une injustice, mais le respect du droit sportif. Toute équipe qui remet en cause l’autorité de l’arbitre doit être sanctionnée.

Le contexte médiatique et politique pourrait toutefois influencer la décision. La CAF pourrait chercher à sanctionner symboliquement sans retirer le titre, pour éviter un choc diplomatique ou médiatique. Mais sur le plan sportif, aucune exception n’est prévue.

En somme, le Sénégal n’est pas au-dessus des règlements. Comme le rappelle l’histoire : la règle du jeu prime sur la notoriété ou le palmarès.

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