« La promesse est une dette », dit-on souvent. C’est sous cet adage que l’AS Simba semble désormais écourter sa patience vis-à-vis du gouvernement, près de dix mois après son sacre historique en Coupe du Congo.
Malgré les annonces faites au lendemain de cette victoire retentissante, le club de Kolwezi attend toujours le paiement des 250.000 dollars américains promis comme prime de récompense.
Dans l’entourage du club, l’attente commence progressivement à laisser place à l’incompréhension. Car au-delà du symbole, cette enveloppe devait permettre à l’équipe soutenue par Fifi Masuka de consolider sa stabilité financière et de mieux préparer ses ambitions sportives, tant sur la scène nationale que continentale.
Sacrée au terme d’un parcours salué par les amoureux du football congolais, l’AS Simba avait pourtant porté haut les couleurs du Lualaba et ravivé l’espoir autour de son projet sportif. Mais plusieurs mois après ce triomphe, la situation a pris une tournure inattendue : la prime tarde toujours à être versée, aucune communication officielle claire n’a été fournie sur le calendrier de paiement et le dossier semble désormais enlisé dans les circuits administratifs du football congolais.
Une audience sous fond de revendication
C’est dans ce contexte que la délégation de l’AS Simba a sollicité une audience auprès du ministre des Sports, Didier Budimbu, afin de réclamer le paiement effectif de la cagnotte promise, obtenir des garanties sur la transparence du processus et défendre les droits du club après son sacre.
Face aux représentants du club de Kolwezi, le patron des Sports a été amené à clarifier la situation et à réaffirmer les engagements pris par l’État autour de cette compétition. Selon l’esprit des réformes engagées lors de cette 59ᵉ édition de la Coupe du Congo, les autorités voulaient notamment rehausser l’image de la compétition grâce à des primes attractives, instaurer une nouvelle dynamique de motivation pour les clubs et corriger certaines injustices financières longtemps dénoncées dans les compétitions locales.
L’audience a ainsi servi de cadre pour faire le point sur les blocages administratifs, envisager des pistes pouvant accélérer le paiement et tenter de restaurer la confiance entre les autorités sportives et les clubs engagés dans les compétitions nationales.
Au-delà du seul cas de l’AS Simba, cette affaire soulève des questions plus larges sur la crédibilité des engagements financiers dans le sport congolais, la gouvernance de la Fédération Congolaise de Football Association ainsi que la nécessité de sécuriser les primes afin d’éviter des litiges après les compétitions.
Pour plusieurs observateurs, le retard enregistré fragilise l’image d’une Coupe du Congo pourtant relancée avec ambition et soutenue au plus haut niveau de l’État. Si la cagnotte de cette 59ᵉ édition symbolisait une avancée majeure dans la valorisation du football local, son non-paiement rapide risque aujourd’hui d’en ternir l’impact.
Malgré cette attente prolongée, l’AS Simba poursuit néanmoins son chemin, portée par le soutien de ses supporters et la détermination de ses dirigeants. Reste désormais à savoir si le gouvernement honorera finalement sa promesse ou si cette prime annoncée rejoindra la longue liste des engagements sportifs restés sans suite.



