Par Yannick Lukeka.
Depuis le 16 janvier, la ville de Butembo vit au rythme des meetings populaires tenus par des députés nationaux en vacances parlementaires. Ces rassemblements politiques, organisés notamment au rond-point VGH, l’un des carrefours les plus stratégiques et fréquentés de la ville, ont occasionné d’importants embouteillages et une perturbation notable de la circulation.
Véritable poumon économique, le rond-point VGH abrite de nombreux petits commerçants, majoritairement issus des couches populaires, qui y mènent leurs activités quotidiennes pour subvenir aux besoins de leurs familles. L’afflux massif de militants, de curieux et les restrictions de mobilité qui en découlent compliquent l’accès aux étals, rendant parfois toute activité impossible et entraînant une quasi-paralysie des échanges commerciaux.
Les ménagères figurent parmi les premières victimes de cette situation.
Dépendantes du marché journalier pour l’approvisionnement de leurs foyers, elles se retrouvent confrontées à la rareté des produits et à une hausse des prix, dans un contexte socio-économique déjà marqué par la précarité.
Ce mercredi encore, un élu national est attendu au rond-point VGH pour un nouvel exercice de reddition de comptes face à une population dont la survie repose essentiellement sur le petit commerce. Une initiative démocratique saluée sur le fond, mais dont le choix du cadre continue de susciter de vives critiques.
De nombreuses voix appellent désormais les élus à faire preuve de davantage de discernement dans l’organisation de leurs activités publiques. Pour les prochains meetings, il serait judicieux de privilégier des espaces moins sensibles, afin de préserver le quotidien des citoyens, dont l’équilibre financier conditionne non seulement la scolarité des enfants, mais aussi la stabilité des ménages.


