Par Félix Ilunga.
Après plusieurs mois de suspension, le projet de la centrale photovoltaïque de Tshipuka s’apprête à redémarrer. L’annonce a été faite ce mardi 20 janvier par le ministre provincial du Plan, Charles Kamanga Nsenda, qui rassure que le projet n’a jamais été abandonné. Sa relance se fera désormais sous la coordination de l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), marquant la fin du partenariat avec le consortium égyptien.
Selon le ministre, l’arrêt des travaux trouve son origine dans des problèmes de gouvernance et dans l’asphyxie financière de l’entreprise exécutante. Celle-ci avait contracté un prêt bancaire au moment où l’Inspection Générale des Finances menait des contrôles au Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Lorsque le processus de paiement a finalement été enclenché, une grande partie des fonds avait été absorbée par le remboursement de la dette et des intérêts élevés, paralysant ainsi l’exécution du projet.
Face à cette impasse, les autorités provinciales ont intensifié les démarches. Le gouverneur du Kasaï Oriental s’est rendu à plusieurs reprises à Kinshasa pour plaider auprès de la direction générale du FPI. Ces efforts ont abouti à des engagements fermes en faveur de la reprise des travaux, ouvrant la voie à un nouveau modèle de gestion axé sur l’expertise nationale.
Pour rappel, lancée en 2021, la centrale de Tshipuka est implantée sur près de 80 hectares. Elle est appelée à produire 10 mégawatts, avec une capacité de stockage de 5 mégawatts, destinés à renforcer l’approvisionnement en électricité de la ville de Mbujimayi, confrontée depuis des années à un déficit énergétique chronique.
D’un coût estimé à 17 millions de dollars américains hors taxes, le projet est financé par le FPI et exécuté par le groupement HAC/PGESCo JV. Sa relance constitue un enjeu stratégique pour le développement économique local, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations. Plus qu’un simple chantier, Tshipuka symbolise désormais l’espoir d’une transition énergétique durable pour le Kasaï Oriental.


