Dans son rapport 2025, l’ONG Journaliste en Danger (JED) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation catastrophique de la liberté de la presse en République démocratique du Congo. Les chiffres sont glaçants : 2.670 violations graves enregistrées contre les professionnels des médias depuis les années Kabila jusqu’à l’ère Tshisekedi. Journalistes tués, portés disparus, emprisonnés, agressés, médias détruits. La liste est longue et témoigne d’une spirale de violence qui ne faiblit pas.
Si la situation est préoccupante au niveau national, c’est dans l’Est du pays que la presse vit désormais l’enfer. Dans les provinces en proie aux conflits armés, JED parle carrément de “crimes de guerre commis contre la presse”.
Une expression lourde, mais qui reflète la réalité : attaques ciblées, menaces quotidiennes, enlèvements, intimidations, et tentatives répétées de faire taire les voix jugées gênantes.
Selon JED, la liberté de la presse en RDC connaît une “détérioration continue”, avec une intensification des actes de répression et un climat de terreur qui pousse certains journalistes à fuir leur zone de travail ou même le pays.
Plus inquiétant encore, l’ONG déplore l’absence quasi totale d’enquêtes sérieuses. Malgré les multiples alertes, les autorités peinent ou refusent de prendre les mesures nécessaires pour protéger les professionnels des médias.
À ce jour, une trentaine de journalistes assassinés attendent toujours justice, tandis que les commanditaires et exécutants continuent d’agir en toute impunité.
Dans un contexte où la désinformation prolifère et où les tensions sécuritaires s’aggravent, la fragilité du secteur médiatique soulève des questions majeures : qui protège ceux qui informent ? Comment garantir un espace démocratique lorsque la parole journalistique se retrouve muselée ou menacée de mort ?
Le rapport 2025 de JED sonne comme un cri du cœur et un avertissement : sans une réaction forte de l’État, la RDC risque de basculer dans une zone où informer devient un acte suicidaire.


