« Chassez le naturel, il revient au galop », telle est la caractéristique des récidivistes comme Mboyo Ilombe alias Pele Mongo. En effet, malgré son arrestation fin juillet 2024 et sa détention à la prison de Makala pendant plus de quatre mois pour « tentative de corruption et détournement des ressources financières de l’Onatra Sa », l’ancien président de l’AS V.Club ne désarme pas dans sa tentative de saigner à blanc cette entreprise de l’Etat déjà en difficulté de fonctionnement et qui essaye par le peu d’efforts de ses dirigeants actuels de se redresser. La leçon de l’ancien ministre d’Etat de la Justice Constant Mutamba à Pele Mongo n’aurait servi à rien si son successeur Guillaume Ngefa Atondoko laissait passer la mafia de ce dernier en complicité avec la justice.
Tenez, pour une dette initiale de 218.500 USD,le patron de l’AGENCE MBOYO ILOMBE (AGEMI) met la pression sur la Cour d’appel de Matadi au Kongo central pour obtenir, pince-sans-rire, 12 millions USD. Et cette instance judiciaire a fixé l’audience ce ce mercredi 12 novembre 2025 pour statuer sur cette affaire.
Historique
A l’origine, c’est une dette de 218.500 USD qui est réclamée suivant le jugement sous RCE 0015 du Tribunal de commerce de Matadi à titre de manque à gagner. Mais cette somme a été multipliée par 16 aux termes de l’arrêt rendu neuf mois après par la Cour d’appel de Matadi sous RCEA013, soit à la somme de 3.417.000 USD au profit de l’AGEMI.
Aux termes du procès-verbal du 26 novembre 2015 entre parties, celles-ci ont convenu que l’ONATRA paye la somme de 2.500.000 USD à l’AGEMI pour clore leur litige. Et par ordre de virement du 03 décembre 2015, soit une semaine après l’accord susdit, l’ONATRA paye à l’AGEMI la somme de 2.500.000 USD, comme l’attestent la lettre de la BGFI Bank et le relevé de compte par elle émis ci-dessous :


Revirement malhonnête de Pelé Mongo
Alors que l’on croyait l’affaire close, AGEMI assigne à nouveau l’ONATRA devant le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Gombe, niant le paiement effectué, en prétendant qu’il a été effectué par la BGFI Bank à d’autres personnes dont 1.800.000 USD à monsieur IFEFO ILOMBE Papy, membre de famille du Gérant statutaire de la société AGENCE MBOYO ILOMBE. Ici, l’ONATRA est condamné de payer 2.275.000USD.
Or, la somme de 2.500.000 USD avait été certainement payée dans le compte d’AGEMI. Seulement, elle a été retenue par la banque pour couvrir des engagements qu’AGEMI avait vis-à-vis d’elle. En français facile : la société de Pele Mongo avait la dette de la banque que celle-ci a vite récupéré au paiement par l’ONATRA de la dette de l’AGEMI. Réalité simple sur laquelle les juges complices du Tricom de Kinshasa/Gombe ont fermé les yeux, parce qu’ayant part sur la cagnotte. Pire, la particularité de leur jugement est qu’il est assorti d’une astreinte de 25.000 USD par jour de retard à dater de l’assignation. Ce qui fait qu’à ce jour, l’AGEMI a réussi à obtenir de la justice congolaise une colossale somme de 61.000.000 USD, après avoir perçu 5.250.000 USD aux dépens de l’ONATRA.
Voici comment AGEMI a pu faire transformer 218.500 USD, du reste contestés par l’ONATRA, à 66.250.000 USD s’il faut inclure les 5.250.000 USD déjà perçus, grâce à une opération de multiplication faite par la justice congolaise. Pourtant, les informations requises de la BGFI BANK par le Parquet Général de Kinshasa/Gombe confirment que l’ONATRA avait déjà exécuté l’acte transactionnel de 2015 signé entre parties par le virement de la somme de 2.500.000 USD au profit de PELE MONGO, et l’affaire devait donc s’arrêter.
Malheureusement, il se constate que tous les procès actuels postérieurs à l’exécution de cette transaction dénotent une envie de s’enrichir maladroitement sur le dos d’une entreprise de l’Etat, envie encouragé tristement par la justice. Mais une chose est que la saisissabilité des biens des entreprises de l’Etat, pratique qui permettait à beaucoup de fournisseurs, vrais ou faux, de déposséder facilement ces entreprises publiques, a été interdite par le Décret n° 24/04 du 21 août 2024 signé par la première ministre Judith Suminwa sur initiative de Constant Mutamba.
Rendez-vous ce mercredi 12 novembre 2025 à la Cour d’appel de Matadi.


