Kinshasa : Baisse des prix jusqu’à 24 % sur les produits de base, les ménages respirent un peu ! 

La stabilisation du franc congolais commence à se traduire concrètement dans les marchés populaires de Kinshasa.

Au cœur de Masina, le marché de Liberté, véritable thermomètre économique de la capitale, enregistre une baisse notable des prix sur les denrées de première nécessité.

Riz, sucre, huile végétale et farine affichent désormais des tarifs en recul de 8 % à 24 %, selon les commerçants interrogés sur place. Après plusieurs mois d’inflation galopante, les ménages kinois retrouvent enfin un peu d’oxygène.

SOKIN : une baisse moyenne de 18 % sur les produits de base 

Sur le tableau tarifaire de SOKIN, les ajustements sont visibles sur presque toutes les denrées stratégiques :

Produits : Ancien prix Nouveau prix  «Baisse 18%» 

Riz (25 kg) 60 200 FC à 49 500 FC 18 % ; Farine (25 kg) 95 200 FC à 78 200 FC 18 % ; Sucre (50 kg) 140 000 FC à 115 000 FC 18 % ; Sel (25 kg) 22 400 FC à 18 400 FC 18 % ; Huile raffinée (10 L) 116 900 FC à 99 130 FC 15 %.

« Nous avons ajusté nos prix en fonction de la baisse du dollar et des recommandations du ministère de l’Économie. Cela facilite l’écoulement des stocks et redonne confiance à la clientèle », confie un agent logistique de SOKIN, sous couvert d’anonymat.

SOCIMEX : jusqu’à 24 % sur certains produits 

Chez SOCIMEX, la politique commerciale est encore plus agressive, avec des réductions marquées sur plusieurs produits de grande consommation :

Produits : Ancien prix et  Nouveau prix « Baisse  24%» 

Huile raffinée  : 61 150 FC à 48 875 FC 20 % ; Riz Wario (25 kg) 60 900 FC à  48 300 FC 21 % ; Sel (sachet) 23 200 FC à 18 400 FC 21 % ; Sucre Lion (50 kg) 158 000  FC à 119 600 FC 24 % ; Semoule (25 kg) : 62 350 FC 48 300 FC 22 % ; Poisson salé : 200 100 FC  à 158 700 FC 21 %.

« Ces baisses reflètent la solidité retrouvée du franc congolais et une meilleure fluidité logistique au port de Matadi. Si la stabilité monétaire se maintient, d’autres ajustements suivront », affirme un cadre commercial de SOCIMEX.

Maison NGOMA : une baisse sélective mais stratégique 

La Maison NGOMA adopte une approche plus prudente, préférant des baisses ciblées en fonction des arrivages et de la rotation des stocks.

« Nous ne pouvons pas réduire uniformément les prix. Tout dépend du volume d’importation et de la concurrence. L’objectif est d’attirer le client sans compromettre nos marges », explique Christian Tshipata, employé de l’entreprise.

À titre d’exemple, le bidon d’huile Rigina (10 L) est passé de 120 000 FC à 110 000 FC, soit une réduction de 8 %.

Pourquoi cette baisse maintenant ? 

Trois facteurs principaux expliquent cette tendance encourageante :

1. L’appréciation du franc congolais : le taux de change est passé de 28 000 FC à 22 500 FC pour 1 USD, réduisant les coûts d’importation.

2. Les contrôles gouvernementaux renforcés : le ministère de l’Économie a intensifié la lutte contre la spéculation.

3. L’augmentation des stocks importés : la fluidité du corridor portuaire de Matadi favorise un meilleur approvisionnement.

Les consommateurs entre espoir et prudence

Dans les allées bondées du marché, les clients partagent un sentiment mêlé d’espoir et de méfiance.

« On sent un petit souffle d’air, mais la vie reste chère. Que le gouvernement veille à ce que ces prix ne remontent pas d’ici un mois », déclare Grâce, mère de famille rencontrée au pavillon des vivres secs.

« Si la baisse continue, ça nous permettra de mieux respirer. Mais on reste prudents : les prix montent toujours plus vite qu’ils ne redescendent », ajoute Jonas, chauffeur de taxi-bus à Masina.

Une embellie fragile selon les économistes

Pour les économistes, cette baisse constitue un signal positif, mais encore fragile.

« Ce mouvement reste conjoncturel. Il faut renforcer les politiques monétaires et la discipline commerciale pour en faire une tendance durable », analyse un enseignant de l’Université de Kinshasa.

Un marché baromètre de la capitale 

Une fois de plus, le marché de la Liberté confirme son rôle de baromètre économique de Kinshasa. Si la tendance actuelle se maintient, le panier de la ménagère kinoise pourrait retrouver un équilibre petit soit-il d’ici la fin de l’année.

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