« Une nation qui croit en sa monnaie construit sa souveraineté ; celle qui dépend des autres monnaies finance sa propre fragilité ». C’est sous cet angle que la Banque Centrale du Congo (BCC) semble désormais engagée dans une nouvelle séquence économique articulée autour d’un objectif stratégique : redonner au franc congolais toute sa place dans l’économie nationale.
Derrière cette orientation, une conviction prend progressivement de l’ampleur au sommet des institutions financières congolaises : aucune souveraineté économique durable ne peut se construire sans une monnaie nationale forte, stable et crédible.
Sous la gouvernance d’André Wameso, la BCC veut faire du franc congolais un véritable levier de stabilité économique, de résilience financière et de protection contre les secousses extérieures.
Plusieurs mois après les réformes monétaires ayant conduit à l’appréciation du franc congolais sur le marché de change, le Gouverneur de la Banque Centrale affiche un discours offensif, résolument tourné vers la consolidation des acquis économiques.
Au cours d’un briefing spécial organisé ce mardi 28 avril 2026 à la RTNC, aux côtés d’Patrick Muyaya Katembwe, Ministre de la Communication et Médias, le patron de la BCC a défendu les résultats obtenus dans le cadre de la nouvelle gouvernance monétaire engagée en RDC.
La stabilité du franc comme priorité nationale
Pour la Banque Centrale du Congo, la stabilité monétaire dépasse désormais le simple cadre technique. Elle devient une question stratégique directement liée à la souveraineté économique du pays.
Face aux médias, André Wameso a soutenu que les indicateurs macroéconomiques actuels traduisent une amélioration progressive de la situation financière nationale. Croissance soutenue, inflation maîtrisée, stabilité du taux de change et consolidation des réserves internationales figurent parmi les principaux éléments avancés par la BCC.
Selon les chiffres présentés, la RDC affiche une croissance économique estimée à 5,8 %, avec des projections de 6,2 % pour l’année 2026. Le taux d’inflation annuel serait contenu autour de 2,36 %, tandis que les réserves internationales dépasseraient désormais les 7,7 milliards de dollars.
Pour André Wameso, ces performances traduisent le retour progressif de la confiance des opérateurs économiques ainsi qu’une meilleure résistance de l’économie congolaise face aux turbulences mondiales.
Réduire progressivement la dépendance au dollar
L’autre grand chantier porté par la BCC concerne la réduction progressive de la dollarisation de l’économie congolaise.
Pour l’institution monétaire, la forte dépendance au dollar américain fragilise la capacité de la RDC à maîtriser pleinement ses équilibres économiques. D’où l’appel lancé à la population pour une appropriation accrue du franc congolais dans les transactions quotidiennes, l’épargne et les activités commerciales.
Le Gouverneur de la BCC estime d’ailleurs que plusieurs ménages congolais ressentent déjà les effets positifs de l’appréciation du franc congolais, notamment sur le coût du logement et certaines dépenses essentielles.
Même les prix des carburants auraient été contenus grâce à cette stabilité retrouvée de la monnaie nationale, malgré les tensions persistantes sur les marchés internationaux.
Patrick Muyaya insiste sur l’unité institutionnelle
Présent lors du briefing, Patrick Muyaya Katembwe a tenu à dissiper toute idée de divergence entre le Gouvernement et la Banque Centrale du Congo.
Le Ministre de la Communication et Médias a réaffirmé la convergence des efforts entre la BCC, le Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka et la vision portée par le Président Félix Tshisekedi.
« Nous sommes tous au service du peuple congolais », a insisté Patrick Muyaya, soulignant que l’amélioration du bien-être des populations demeure le fil conducteur de l’action gouvernementale.
À travers cette stratégie monétaire, la Banque Centrale du Congo veut désormais imposer une nouvelle culture économique : celle d’un pays qui cherche progressivement à bâtir sa stabilité autour de sa propre monnaie.
Dans les couloirs de la BCC, le message devient clair : le franc congolais n’est plus seulement un moyen d’échange, mais un instrument de souveraineté nationale et de crédibilité économique.



