La République démocratique du Congo a vécu, une fois de plus, une soirée de désillusion au Stade des martyrs, comme un film déjà vu. Menant 2-0 face à une équipe sénégalaise largement à leur portée, les Léopards ont fini par s’incliner 2-3.
Un scénario tragiquement familier qui laisse un goût amer, et soulève des questions urgentes sur les choix du sélectionneur Sébastien Desabre, la gestion de l’effectif, et la direction que prend l’équipe nationale à l’approche des échéances décisives.
Un Sénégal prenable, une RDC punie
Contrairement aux années précédentes, le Sénégal aligné ce soir-là n’était pas l’équipe impériale que l’on redoute habituellement en Afrique. Moins dominateurs, moins agressifs, les Lions de la Teranga semblaient une proie accessible pour des Congolais soutenus par leur public. Mais au lieu de capitaliser sur cette opportunité, la RDC a récolté ce qu’elle a semé : Des choix discutables, un coaching frileux, une gestion douteuse du match.
Desabre, copie conforme d’Ibenge ?
Comme à l’époque de Florent Ibenge, la RDC semble incapable de franchir le cap décisif vers une deuxième qualification en Coupe du monde.
En 2017, c’était contre la Tunisie. En 2025, c’est contre le Sénégal. Et dans les deux cas, le naufrage est arrivé en fin de match.
Sébastien Desabre, longtemps porté par une opinion publique favorable, a vu son étoile pâlir. Cette défaite humiliante, dans un Stade des martyrs plein à craquer, risque de laisser des traces.
Des choix incompréhensibles
Parmi les décisions les plus contestées : Le maintien jusqu’au bout d’un Arthur Masuaku transparent, lent et souvent mal positionné ; L’absence de réaction face à la fatigue de certains milieux, notamment Noah Sadiki ; La non-utilisation de joueurs comme Théo Bongonda ou Axel Tuanzebe, pourtant aptes et expérimentés.
Un milieu cohérent, mais mal géré
Le trio Samuel Moutoussamy-Noah Sadiki-Edo Kayembe, a tenu tête à un milieu sénégalais très réputé. Ils ont été à l’origine du premier but de Cédric Bakambu, avec une construction collective intéressante.
Sadiki, très actif, a montré un bel engagement malgré une fatigue visible en fin de match. Kayembe, en revanche, s’est éteint dans les derniers instants. Le maintenir sur la pelouse alors que le score était de 2-2 s’est avéré être un pari perdant.
Un banc illustrement riche mais mal exploité
Alors que certains cadres étaient blessés (Ngala Mukau), et que d’autres étaient disponibles (Tuanzebe, Bongonda), Desabre a préféré faire entrer des joueurs sans rythme comme Fiston Mayele et Nathan Mbuku. Le résultat ? Aucun impact.
Des profils comme Simon Banza ou Théo Bongonda, plus aguerris et percutants, auraient pu faire la différence.
De plus, face à la montée en puissance du Sénégal, un changement de système vers un 3-4-3 semblait pertinent : Défense : Mbemba – Dylan Batubinsika – Kapuadi ; Milieu : Wan-Bissaka, Moutoussamy, Pickel, Joris Kayembe ; Attaque : Wissa, Bakambu, Bongonda
Mais cette flexibilité tactique n’a jamais été envisagée.
Une leçon de réalisme, une alerte sérieuse
Cette défaite n’est pas une question de talent. Elle est le fruit d’un management sportif déficient.
La RDC dispose d’un réservoir riche : Yoane Wissa, Wan-Bissaka, Banza, Pickel… Mais ces talents ne servent à rien sans gestion cohérente et vision claire.
Il faut le dire clairement : « L’équipe nationale n’est pas une église ». On ne sélectionne pas les joueurs par fidélité ou sympathie, mais selon leur forme du moment. Un joueur qui ne joue pas en club ne peut être titularisé face à une équipe comme le Sénégal.
La RDC doit déjà penser aux barrages
Avec cette défaite, la RDC compromet sa place de leader dans le groupe B. La marge d’erreur est désormais mince, et les barrages semblent inévitables. C’est peut-être le moment de repenser l’équipe, de reconstruire, et de redéfinir les ambitions.
Desabre est désormais face à un tournant : Soit il se remet en question et redonne une dynamique compétitive à cette équipe, soit il deviendra un nouveau chapitre douloureux dans l’histoire des Léopards.


