L’UDPS face à son destin : Du parti de lutte au parti d’Etat

Par le citoyen Ntumba wa Mukendi Nshimba/Expert en communication politique

On a souvent décrit l’UDPS comme un serpent à deux têtes, d’un côté, ses cadres qui exercent aujourd’hui le pouvoir d’État, et de l’autre, une base militante qui reste dans la rue, criant parfois contre ses propres dirigeants comme si le parti était encore dans l’opposition. Cette dualité, héritée de son histoire de lutte, a longtemps été une force. Mais désormais, elle devient une faiblesse si elle n’est pas transformée en cohérence.

Le moment est venu pour l’UDPS d’assumer son tournant historique celui de devenir un parti d’État, discipliné, structuré et visionnaire.

1. Unir cadres et militants

Un parti au pouvoir ne peut se permettre d’avoir une main au palais et une autre dans la rue. L’heure n’est plus à la contestation, mais à la consolidation du pouvoir et à la construction de l’État. Les cadres et les militants doivent marcher ensemble, dans une discipline politique qui donne confiance au peuple et crédibilité au pouvoir.

2. S’inspirer des grands partis de longévité

Dans l’histoire récente, plusieurs formations ont réussi ce saut qualitatif :

L’ANC en Afrique du Sud : parti de lutte contre l’apartheid, il a su devenir un parti d’État en intégrant militants de base et nouvelles élites, ce qui lui a permis de se maintenir au pouvoir depuis 1994.

Le PDP au Nigeria : après l’alternance militaire, il a rassemblé des forces diverses et s’est imposé comme un parti dominant pendant plus d’une décennie.

L’UNC au Cameroun (devenue RDPC) : elle a su, malgré les secousses, incarner un parti d’État structuré, capable d’assurer la continuité du pouvoir et de ratisser large dans la société.

L’UDPS doit suivre ces exemples en dépassant son statut historique de parti d’opposition pour devenir une force nationale de stabilité et de continuité.

3. Ratisser large et intégrer de nouvelles élites

Un parti d’État ne vit pas sur la nostalgie, mais sur sa capacité à s’ouvrir et attirer des compétences nouvelles. L’UDPS doit élargir sa base, en intégrant des cadres venus d’autres horizons politiques ou de la société civile, comme cela s’est déjà fait avec l’actuelle Première ministre Judith Suminwa, le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau, et d’autres personnalités d’envergure.

Ce mouvement doit devenir une politique délibérée : transformer l’UDPS en un grand creuset national, capable d’absorber les talents, les compétences et les sensibilités pour rester longtemps au centre du pouvoir.

4. Préparer l’après-2028

Enfin, l’UDPS doit assumer sa responsabilité historique : préparer un dauphin présidentiel crédible pour 2028, afin d’assurer la continuité de l’œuvre du président Félix Antoine Tshisekedi et de garantir la stabilité du pays. Un parti d’État pense au-delà d’un mandat, il prépare la relève, il organise la transmission du pouvoir, il construit la longévité.

En résumé, l’UDPS doit évoluer du parti de lutte au parti d’État, en unissant cadres et militants, en s’ouvrant à d’autres forces vives de la nation, en rassemblant largement et en préparant dès aujourd’hui la relève de 2028. C’est à ce prix que le parti pourra non seulement exercer le pouvoir, mais aussi le conserver durablement, dans la stabilité et l’efficacité.

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