Le député national Pierre Nyemeso Sanguma, élu de Gemena au Sud-Ubangi, a récemment adressé une question orale avec débat au VPM Jean-Pierre Lihau pour lui demander des explications sur la situation de plus de 400.000 fonctionnaires mécanisés mais non rémunérés de sa province. Il a vite qualifié cette situation d’injuste pour ces fonctionnaires. Un show médiatique pour certainement plaire à ses « électeurs »…
Mais avant que cette question orale avec débat ne soit programmée, au ministère de la Fonction publique, un proche du VPM Jean-Pierre Lihau qui maîtrise bien ce dossier, apporte des éclaircissements pour que les propos du député national ne conditionnent l’opinion.
Il démontre d’emblée qu’en 2018, pendant que le régime Kabila faisait déjà ses valises, plus de 800.000 matricules avaient été accordés à des personnes dont l’existence ou la régularité n’était pas clairement établie pour raisons électoralistes, étant donné les élections générales pointaient à l’horizon. Ce système a eu à alimenter des circuits opaques, des intérêts privés et une gestion confuse de la masse salariale de l’État.
Face à cette situation, explique-t-il, Jean-Pierre Lihau tente depuis son arrivée à la Fonction publique, d’imposer une remise en ordre. Le processus s’appuie notamment sur un audit mené sous l’encadrement de l’Inspection générale des finances (IGF), afin de vérifier les effectifs, d’identifier les agents réellement en service et assainir la paie publique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1476.000 agents recensés, 509.000 agents non mécanisés identifiés, 181.000 agents déjà intégrés dans la paie, et 3.306 agents concernés dans la province du Sud-Ubangi.
Mais cette réforme dérange. Car elle touche à des réseaux mafieux, expose des pratiques anciennes et remet en cause des intérêts solidement installés.
Malheureusement, malgré les démarches entreprises pour obtenir un budget destiné à une mécanisation plus transparente de la masse salariale, les moyens attendus n’ont pas suivi. Or, les réformes menées par le VPM Lihau bousculent un système poreux installé depuis des années, qui fragilisait l’administration au profit de réseaux monnayant les numéros matricules.
Etant donné que ces nombreux numéros matricules avaient été obtenus frauduleusement, leurs détenteurs ne peuvent faire pression sur l’État. Assainir l’administration est une condition sine qua non pour engager une dynamique de développement. Non sans raison, car face à une masse salariale déjà importante, le processus de recrutement requiert désormais une étude minutieuse, fondée sur un système inclusif et la méritocratie. Cette lutte contre la fraude demeure le cheval de bataille du VPM Lihau, martèle son proche qui affirme que ce dernier avait d’ailleurs sollicité, l’année dernière, une audition au Parlement afin d’éclairer les élus et la population sur les réformes engagées. Toutefois, il reste disponible pour y répondre, le cas échéant, rassure son proche.



