Il n’est pas interdit de donner de l’emploi à sa propre progéniture quand on en a l’occasion, mais faudra-t-il qu’elle ait les compétences requises pour assurer ses fonctions avec responsabilités et produire des résultats escomptés.
François Muamba, fort de sa position à la présidence de la République, a certainement pesé pour que sa fille, son ancienne chargée de communication au Mécanisme national de suivi de l’Accord d’Addis-Abeba, remplace Eric Nyindu début mars 2025 au poste de directeur de communication présidentielle.
Présentée comme experte en communication et marketing, détentrice d’un Masters degree en Communication et Marketing Management de l’école de Commerce ESGCI Paris et pour laquelle cette formation européenne lui procure une expérience internationale avérée, Farah Muamba broie malheureusement du noir, ne sachant pas exactement et concrètement quoi faire à cette fonction de haut marketing politique pour son boss, le président de la République.
Déphasée de l’environnement médiatique congolais pour n’avoir pas côtoyé et vécu avec les « quados » de la capitale, elle passe tantôt pour photographe lors des réceptions des personnalités par le président de la République, tantôt pour sa porte-parole alors qu’à ce poste trône madame Tina Salama, ancienne de Radio Okapi. La dernière bourde en date qu’elle vient de commettre c’est la création par elle d’une émission intitulée : AU CŒUR DU CONSEIL DES MINISTRES pour faire parler les membres du gouvernement et livrer le déroulé des réunions des conseils des ministres.
Bourde, oui bourde parce qu’une directrice de la communication de la présidence n’a aucune qualité de parler du conseil des ministres avec quelques membres du gouvernement. Ceci pour deux raisons majeures, à savoir : primo, la redevabilité face au peuple est l’œuvre du gouvernement et non de la présidence de la République. La communication de la présidence fait partie des services personnels du chef de l’État et par conséquent elle ne peut pas communiquer directement au nom du gouvernement car le chef de l’Etat bien que faisant partie de l’exécutif, n’est pas membre du gouvernement
Secundo, la loi est très claire comme l’eau claire dans un verre clair : Seul le porte-parole du gouvernement est autorisé à faire une communication sur les dossiers et délibérations du conseil des ministres et personne ne peut prendre parole sans l’autorisation de la première ministre. Et dans le cas échéant, Seul Patrick Muyaya a le droit de parler du conseil des ministres (Cfr loi portant modalités de collaboration entre la présidence de la République et le gouvernement et entre les membres du gouvernement).
Qui a conseillé alors madame Farah Muamba d’usurper les prérogatives qui ne sont siennes ? L’a-t-elle fait elle-même par ignorance ou par gaminerie ?
Ce qui est vrai, la fille Muamba doit vite éviter cette cacophonie juridique et communicationnelle en supprimant rapidement son idée de l’émission. Car, celle-ci n’a aucune raison d’être. Par contre, elle ferait mieux de recours aux vrais journalistes qui connaissent bien et mieux les méandres de la presse congolaise pour l’aider à s’en sortir et faire la différence avec ceux qui l’ont précédée : Abraham Luakabuanga et Eric Nyindi. Sinon, elle sera piètre qu’eux. La communication du président de la République a beaucoup des défis , elle a besoin des bonnes initiatives pour un bon travail sur l’image et les actions du chef Félix Antoine Tshisekedi au lieu de se lancer dans des bras de fer inutiles avec le gouvernement surtout que les délibérations dans le conseil des ministres sont secrètes. Il n’est pas tard pour elle de s’améliorer.


