eleves finalistes examen 16 001 640 350 1 - Exétat : les écoles privées tuent l’éducation !

Des diplômes distribués à Kinshasa, scooprdc.net peut le confirmer sans peur d’être contredit ; et que les 100% réalisés par beaucoup d’écoles privées de Kinshasa et les pourcentages élevés obtenus par les finalistes n’effrayent personne. Non sans raison, une petite enquête menée par le média en ligne, a décelé une tricherie à grande échelle ayant caractérisé les quatre jours de la session ordinaire des épreuves de l’examen d’Etat à Kinshasa. Une tricherie bien planifiée, organisée et surtout financée par les préfets et promoteurs d’écoles privées agréées.

Ces réseaux mafieux ont structuré leur organisation allant de l’Inspection de l’enseignent aux présidents de centres y compris les services de sécurité commis à la surveillance. Parents d’élèves sont complices de cette pratique qui, malheureusement tue l’éducation. Tenez, à chaque élève finaliste dans des écoles privées de Kinshasa, il est demandé entre 20 et 50USD. Ces montants à la connaissance ou pas des promoteurs d’écoles, sont inscrits dans la rubrique « Labo » ou « Suivi » et gérés par les préfets.  En effet, « Labo » ou « Suivi » ne sont que cette pratique qui consiste à mobiliser les enseignants des cours concernés à l’Examen d’Etat à travailler à la place des élèves ; à soudoyer, mieux corrompre les inspecteurs de l’enseignement, les chefs de centre et les agents de sécurité (ANR et Police). Ainsi, l’argent récolté auprès des élèves sert en principe à payer toute la chaîne énumérée ci-haut.

Un directeur des études avoue à scooprdc.net que son école à payer 3.000$ au chef de centre qui devait s’occuper de tous ceux qui sont dans son giron pour que l’opération ne tourne pas au vinaigre. Le chef de centre a comme obligation de laisser les élèves d’une même école se regrouper dans la même salle d’examen pour qu’ils se communiquent bien. Un téléphone est toléré dans la salle pour la communication avec l’extérieur. Les agents de sécurité déjà « servis » par le chef de centre, facilitent la sortie des items vers les « laboratoires ». Ceux-ci sont installés ça et là dans la ville. Les réponses sont soit envoyées par téléphone, ou retournées physiquement avec les items dans les salles d’examen.

scooprdc.net a appris même qu’une école de renommée à Bandalungwa, appartenant à un député national, reçoit elle les items la veille. Les examens sont calmement travaillés par ses enseignants et la consigne a été donnée aux élèves de faire semblant et de ne pas se précipiter pour sortir de la salle avant, en vue de fausser l’impression des observateurs.  Mais comme il n’y a de crime parfait, certains agents de sécurité affectés dans des centres d’Exétat, ont vendu la mèche à leurs collègues, notamment du B2 qui se sont mis à dénicher ces « Labos », mais pas surtout dans le souci de les éradiquer, mais plutôt d’avoir des amendes alourdies. D’après un autre directeur des études qui a parlé à cœur ouvert à scooprdc.net, lorsque les B2 arrêtent des « laborantins », l’amende varie entre 1.000 et 1.500USD par personne pour le relâchement. C’est seulement en cas de refus de payement et de non « coopération » que les délinquants sont livrés au Parquet et montrés à la télévision. « Vrai shida », comme disent les Kinois pour les B2… Le préfet de l’école « Espoir » à Pompage, en a payé les frais par deux fois.

Les quatre jours de passation des épreuves de l’Examen d’Etat font une bonne affaire et pour les inspecteurs, et pour les enseignants et leurs préfets d’Etudes, et pour les chefs de centre ainsi que les agents de sécurité. Cependant, cette corruption orchestrée par les écoles privées, impacte très négativement sur la formation scolaire des élèves qui détiennent des diplômes d’Etat mais qui ne savent pas dans la moindre mesure défendre les titres qu’ils détiennent pourtant avec mention « distinction ».

Reprochés sur cette pratique qui hypothèque et sacrifie l’avenir de tout un pays, la plupart des préfets et directeurs des études incombent la faute aux promoteurs d’écoles qui ne tolèrent jamais les échecs et les imputent toujours aux dirigeants de leurs écoles. « Si votre école réalise un mauvais score, le promoteur vous vire. De peur de perdre le poste,  nous faisons ce que nous pouvons pour qu’il n’y ait pas d’échecs », confient un préfet à scooprdc.net. Au lieu que les écoles soient des temples du savoir, les privés les ont transformées en boutiques commerciales, privilégiant beaucoup l’argent que l’éducation.

Avec la mise à nu de ce réseau mafieux organisé par les écoles privées agréées, le ministre Gaston Musemena est interpellé à ouvrir grandement l’œil, car il a de loups dans la bergerie. Ses efforts et son dynamisme au sein de ce ministère salués par l’opinion s’effriteront à cause de certaines brebis galeuses à la solde de quelques promoteurs aussi puissants soient-ils. Sinon à l’allure où vont les choses, si rien n’est fait, la RDC risque d’octroyer très bientôt des diplômes d’Etat aux gens qui ne savent ni lire et ni écrire. Bonne chance à Gaston Musemena pour ce nouveau combat. Mais tout de même coup de chapeau aux écoles conventionnées catholiques et quelques écoles protestantes qui n’ont pas voulu mordre à la tentation et ont préféré que leurs élèves se battent avec ce qu’ils ont appris au courant de l’année, au lieu de se compromettre et sacrifier ainsi l’avenir de tous ces enfants.

Nzakomba

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