ITB KOKOLO - ITB Kokolo : un éléphant blanc !

Il a englouti officiellement au moins trois millions de dollars sortis du trésor public pour sa réhabilitation, d’après l’annonce de l’ancien ministre des transports et voies de communication, Justin Kalumba, au début des travaux de cette réhabilitation. Mais selon certaines indiscrétions, le devis revu et non communiqué à la presse est allé au-delà de quatre millions cinq cent mille dollars. Et les syndicalistes de l’entreprise n’ont pas manqué de crier à la surfacturation… Mais seulement, ce bateau réhabilité dont le voyage inaugural est intervenu le 16 avril 2015, n’a effectué jusqu’à ce jour que trois voyages sur Kinshasa-Kisangani. Pour l’instant, ITB Kokolo immobilisé et désormais tous les espoirs suscités par le gouvernement au lancement du trafic de ce bateau dans la population se sont estompés.

Notez que lorsqu’ITB Kokolo effectue son premier voyage après sa réhabilitation le 16 avril 2015, il est ovationné partout où il passe : Mbandaka, Lisala, Bumba, Basoko jusqu’à Kisangani dans l’ex-province Orientale. Il fait 13 jours de navigation. Et pour ce voyage inaugural, il ramène à Kinshasa le 18 mai plus 1.200 tonnes de marchandises. Il effectue deux autres voyages après la même année. Et plus rien depuis 2016 jusqu’à ce jour. Il est tout simplement immobilisé. Il est rapporté à Scoop-rdc qui a pénétré, non seulement le milieu syndical de la SCTP mais également le staff dirigeant, que le trafic avec ce bateau n’est pas rentable. Chaque voyage de Kokolo se solde par une perte sèche de près de 120 mille dollars américains. Rien que pour le carburant, le bateau consomme par voyage cent mètres cubes de mazout, soit cent mille litres ou encore 500 futs. Malgré ces prix de billet de 580$ pour la classe de luxe, 197,20$ pour la deuxième classe, 162,40$ pour la troisième et sa capacité de transporter 422 passagers et de ramer environ 1500 tonnes de marchandises, ce bateau n’est pas capable de couvrir ses charges d’exploitation.

A la SCTP on affirme à Scoop-rdc que les autorités gouvernementales compétentes ont déjà été saisies par le Conseil d’administration et la direction générale de l’entreprise pour que la subvention soit toujours assurée en ce qui concerne ITB Kokolo à l’instar de la société de Transport au Congo (Transco) qui reçoit mensuellement du carburant et des lubrifiants du gouvernement congolais par le mécanisme d’insertion dans la structure du prix du carburant aux pompes des stations-services d’une quotité en sa faveur.

Si ceci n’est pas fait, ITB Kokolo immobilisé déjà, deviendra ni plus ni moins qu’un éléphant blanc ayant englouti des millions de dollars américains pour rien servir. Or, le jour de son inauguration, le 7 février 2015, Justin Kalumba, alors ministre des transports et voies de communication à l’époque, avait vanté ce bateau en ces termes : « Outre les 422 passagers qu’il peut transporter, sans compter les équipages, les deux suites familiales, ainsi que les 9 chambres froides, ce convoi, avec ses 1 586 tonnes de capacité totale de charges/marchandises, équivaut à environ 40 wagons de chemin de fer de 40 tonnes, soit près de 4 rames de train, ou encore à 53 camions semi-remorques de 30 tonnes chacun ».

Georges Ilunga

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