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Aucun staff national ou international de la Monusco n’ignore Leila Zerrougui, nommée comme représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu en RDC, en remplacement de Maman Sidikou qui est fin mandat. L’Algérienne a déjà travaillé en RDC comme adjointe du RSSG Roger Meece, chargée du genre et questions humanitaires entre 2008 et 2012. Elle revient donc titularisée. Seulement, Mme Zerrougui qui a été dynamique et appréciée pour son combat contre les violences faites aux femmes et la protection des enfants, prend le flambeau de la Monusco à un moment, non seulement politiquement et sécuritairement crucial de la RDC, mais aussi difficile budgétairement pour la Mission onusienne.

Si la situation politique tousse et est enfiévrée par l’organisation des élections sous une tension visiblement explosive, la mission qu’elle va diriger connaît aussi des difficultés financières dues aux coupes des Etats-Unis dans ses contributions à l’Onu. L’année qui vient de terminer, la Monusco a fonctionné avec un budget amputé d’au moins 92 millions de dollars américains. Situation qui a impacté négativement sur plusieurs rubriques ayant ainsi occasionné le dégraissement considérable du personnel tant national qu’international. La Mission n’a plus une flotte aérienne et un charroi automobile garnis comme par le passé. Elle parvient à manquer même des fournitures de bureau !

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Témoin des élections sous haute tension de novembre 2011, Leila Zerrougui le sera aussi pour celles de décembre 2018. Même si l’on reconnaît en elle une dame de fer, dynamique et aux nerfs solides dans tout ce qu’elle a entrepris dans la défense des droits des femmes et des enfants dans le système des Nations unies, l’on craint cependant que la politique congolaise avec sa mosaïque des inconscients, ne disjoncte et n’écroule cette dame de 61 ans.

Il faut noter que Leila Zerrougui est la neuvième personne et la toute première femme à représenter le Secrétaire général de l’Onu en RDC depuis 1999 que la Mission existe. Avant elle, il y a Moustapha Niassé, Kamel Morjane, Amos Namanga Ngongi, Willian Lacy Swing, Alan Doss, Roger Meece, Martin Kobler et Maman Sidikou. Avec un leadership oscillant, Ils ont chacun marqué l’histoire du Congo. L’Algérienne saura-t-elle faire mieux que son prédécesseur, le Nigérien, vivement critiqué, non seulement par la classe politique, mais également par la société civile et surtout par les jeunes mouvements citoyens à cause de son allégeance au pouvoir de Kinshasa ? L’Afrique est encore à l’épreuve.

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Agnelo Agnade


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