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Les Lubaya sont loin de l’oublier, d’oublier la mort tragique et atroce qui lui était arrivée, d’oublier son combat pour la liberté et la démocratie dont ils font actuellement leur cheval  de bataille. Ancien président de l’Association Lulua Frères, ancien député national, ancien gouverneur de province du Kasaï, ancien ministre de la santé publique, ancien ministre de l’économie et classe moyenne et ancien président national du parti Union Démocratique Africaine (UDA),  André Guillaume Lubaya reste un modèle non seulement pour sa famille biologique et politique, mais également pour les ouest-kasaïens. Et pour marquer cinquante ans de sa disparition à fleur d’âge dont l’instigateur principal fut feu Maréchal Mobutu (Ndlr : lire l’ouvrage de Claudel-André Lubaya, intitulé « J’accuse Mobutu, assassin de mon père »), une série des manifestations pendant quatre jours.

Ainsi donc, le samedi 28 avril prochain, un buste du défunt sera installé dans la résidence familiale suivi du lancement des manifestations du cinquantenaire par l’allocution du comité organisateur, le dépôt des bougies et gerbes de fleurs, l’exécution du requiem de Mozart et l’ouverture du registre des hommages. Le jour suivant, soit le dimanche, il y aura la poursuite des hommages, l’office religieux à 17heures (culte protestant), suivi du rite traditionnel d’ouverture du deuil et d’une veillée (recueillement, témoignages, prière).  Le lundi, un culte sera organisé matinalement à l’Eglise Evangélique. Il y aura aussi recueillement et témoignages, puis une messe d’action de grâce le soir ainsi que la veillée (recueillement, témoignages, animation folklorique et religieuse). Enfin, mardi 1er mai, il y aura à 5h00 un rite traditionnel, une marche funèbre appelée « tshiwayi » de clôture de deuil par la famille, suivi de recueillement sur le lieu du supplice dans l’intimité familiale. Un bain de consolation et la fin des manifestations interviendront à 13 heures, précédés d’une messe de requiem en la Cathédrale Notre-Dame du Congo.

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Pour rappel, André Guillaume Lubaya a été victime expiatoire de l’intolérance politique de la part du régime sanguinaire de Mobutu. Il a été calomnié de fomenter un coup d’Etat. Vivant dans la clandestinité, il a été traqué, brutalement enlevé et exécuté dans la nuit du 2 mai 1968 au champ des tirs et les restes de son corps jetés dans un lieu où seuls ses bourreaux vivants détiennent le secret. Ainsi privé des funérailles jusqu’à ce jour, André Guillaume Lubaya n’a ni croix ni terre, ni linceul ni cercueil. Les quatre jours de manifestations qu’organisent les Lubaya et compagnies, marquent un grand deuil et sa levée en mémoire de celui qu’on appelle dans l’espace kasaïen « Martyr » de la démocratie. Sa postérité qui prie pour son repos paisible, déclarent avoir accordé leur pardon à ses bourreaux.

Georges Ilunga.


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