Séminaire de l’IGF : Christophe Lutundula rappelle que « l’État ne peut fonctionner sans contrôle »

Deuxième intervenant de la journée de mercredi 10 juin 2026, au séminaire de renforcement des capacités des partenaires de l’Inspection générale des finances (IGF), le député national Christophe Lutundula Apala Pen’Apala a animé une communication de haute portée académique et institutionnelle sur le thème de l’importance du contrôle dans les institutions publiques.

Devant un auditoire composé notamment des inspecteurs des finances, des responsables publics et des experts de la gouvernance, l’ancien vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères a développé une réflexion approfondie sur la place du contrôle dans le fonctionnement de l’État, le présentant comme l’un des piliers de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’efficacité de l’action publique.

D’entrée de jeu, Christophe Lutundula a tenu à clarifier les notions de « contrôle » et d’« institution publique », estimant qu’aucune réflexion sérieuse ne peut être menée sans une compréhension commune des concepts fondamentaux.

Selon lui, le contrôle consiste à examiner une activité, un acte ou une gestion afin d’en vérifier la régularité, l’exactitude, la validité, la qualité ainsi que les résultats obtenus. Il permet également d’évaluer la conformité de l’action publique aux normes juridiques et aux objectifs poursuivis.

« Le contrôle vise à vérifier si ce qui a été réalisé correspond effectivement aux règles établies et aux résultats attendus », a-t-il expliqué.

Une diversité de formes de contrôle

L’orateur a rappelé que le contrôle peut être appréhendé sous plusieurs angles. Du point de vue de son objet, il distingue notamment :

* le contrôle de légalité, qui vérifie la conformité des actes aux lois et règlements ;

* le contrôle d’opportunité, qui apprécie la pertinence et l’adéquation des décisions prises au regard des objectifs poursuivis.

Du point de vue de sa nature, plusieurs catégories existent :

* le contrôle politique, exercé principalement par le Parlement sur le Gouvernement ;

* le contrôle administratif, assuré par les organes de l’administration publique ;

* le contrôle juridictionnel, exercé par les juridictions compétentes, notamment la Cour des comptes et les cours et tribunaux.

Christophe Lutundula a également évoqué le contrôle a priori, réalisé avant l’exécution d’un acte ou d’une dépense publique, et le contrôle a posteriori, exercé après la réalisation des opérations concernées.

À ces mécanismes s’ajoutent le contrôle interne, effectué au sein même des administrations, et le contrôle externe, assuré par des institutions indépendantes de l’entité contrôlée.

Toutes les institutions publiques sont concernées

Pour Christophe Lutundula, la notion d’institution publique ne se limite pas aux seules institutions politiques.

Elle englobe également les administrations publiques, les établissements publics, les entreprises du portefeuille de l’État, les services publics, les provinces, les entités territoriales décentralisées ainsi que toutes les structures participant à la mise en œuvre des missions de l’État.

« Toutes les personnes investies d’une responsabilité dans la gestion politique, économique, financière ou sociale de la République sont concernées par les mécanismes de contrôle », a-t-il insisté.

Une nécessité dictée par la nature humaine

Christophe Lutundula estime que la première justification du contrôle réside dans l’imperfection de l’être humain.

« L’homme n’est pas parfait. Dès lors qu’il peut commettre des erreurs, son action doit être soumise à un contrôle », a-t-il déclaré.

Cette exigence devient encore plus importante dans un système démocratique où les gestionnaires publics administrent des ressources appartenant à l’ensemble de la collectivité.

Selon lui, le contrôle constitue une garantie essentielle permettant aux citoyens de s’assurer que les décisions prises répondent effectivement à l’intérêt général.

Le contrôle au cœur de la démocratie et de la bonne gouvernance

L’ancien président de la Commission politique, administrative et juridique du Sénat a souligné que la démocratie moderne repose sur la redevabilité des gouvernants envers les gouvernés.

À ce titre, le contrôle permet de vérifier si les responsables publics respectent les engagements pris devant la population et si les ressources publiques sont utilisées conformément à leur destination.

Il a également mis en évidence le lien étroit entre contrôle et bonne gouvernance.

« La transparence, la traçabilité, l’évaluation des résultats et la redevabilité ne peuvent exister sans mécanismes efficaces de contrôle », a-t-il affirmé.

Un outil de diagnostic et de réforme

Pour Christophe Lutundula, le contrôle ne doit pas être perçu uniquement comme un instrument de sanction.

Il constitue avant tout un outil de diagnostic permettant d’identifier les dysfonctionnements et d’orienter les réformes nécessaires.

À l’image d’un examen médical qui révèle les faiblesses d’un organisme, le contrôle permet aux institutions publiques de corriger leurs insuffisances et d’améliorer leurs performances.

« On ne peut pas réformer ce que l’on ne connaît pas. On ne peut pas corriger ce que l’on n’a pas diagnostiqué », a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, il considère le contrôle comme une véritable boussole pour l’État, permettant de mesurer l’efficacité des politiques publiques et leur contribution au développement national.

Sans sanctions ni culture du droit, le contrôle perd son efficacité

Toutefois, Christophe Lutundula a averti que l’efficacité du contrôle repose sur deux conditions fondamentales : l’existence de sanctions et le développement d’une véritable culture du respect du droit.

Selon lui, les meilleurs dispositifs institutionnels demeurent inefficaces lorsque leurs conclusions ne sont pas suivies d’effets concrets.

Il a également plaidé pour l’enracinement d’une culture juridique où chaque citoyen, quel que soit son rang ou sa fonction, accepte de se soumettre aux règles de droit.

« Le jour où nous accepterons collectivement que la loi s’impose à tous sans exception, le contrôle produira pleinement ses effets », a-t-il déclaré.

Renforcer les institutions de contrôle

En conclusion, Christophe Lutundula a estimé que les institutions de contrôle telles que l’Inspection générale des finances, la Cour des comptes et les autres organes spécialisés jouent un rôle déterminant dans la préservation des finances publiques et le renforcement de l’État de droit.

Pour lui, le contrôle n’est ni une contrainte ni une simple formalité administrative. Il constitue un levier indispensable de gouvernance, de transparence et de développement, sans lequel aucune institution publique ne peut durablement remplir sa mission au service de la Nation.

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