L’élection programmée du gouverneur de la province du Sankuru le 7 avril 2026 n’aura pas lieu. Elle est renvoyée à une date inconnue. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui l’a annoncé ce vendredi 20 mars, évoque le manque de moyens financiers pour l’organisation de ce scrutin. Le gouvernement n’a rien mis à sa disposition.
Cette annonce a paru du coup comme un scandale et a suscité des critiques dans tous les sens contre le gouvernement qui devait agi à travers le ministère de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières. Mais après vérification par Scoop RDC, la CENI aurait présenté pour cette élection du gouverneur et son vice, un budget pince-sans-rire de 1 million USD. Ce qui a tiqué le média en ligne qui s’est intéressé à toutes les opérations prévues avant, pendant et après cette élection qui implique seulement 25 députés provinciaux votants.
D’après les éléments obtenus d’une source de la CENI, pour cette élection, il est prévu la formation des membres sur la réception et le traitement des candidatures (CENI KIN) ; La mise en place du bureau (CENI LOCALE) ; L’envoi des experts juristes vers la Cour d’appel pour le traitement des contentieux (CENI KIN) ; Le briefing sur l’accréditation des observateurs, journalistes et témoins (CENI KIN et LOCALE) ; La mise en place du dispositif sécuritaire par le Conseil provincial des opérations (Gouv central, CENI KIN et le conseil provincial de sécurité) ; Le jour J en présence des missionnaires de Kin ; La remontée des résultats à Kinshasa et à la Cour d’appel pour contestation (CENI KIN ET LOCALE).
Calcul fait, toutes ces opérations ne peuvent pas dépasser 200 mille USD, selon un expert. D’où vient alors le budget de 1 million USD présenté par le président de la CENI Denis Kadima ? Scoop RDC apprend que les agents de cette institution accusent 13 mois d’arriérés de salaire. Denis Kadima, veut-il profiter de cette élection pour avoir du souffle et payer tant soit peu ses agents ?
Mais ce qui est vrai, avec ce blocage que lui oppose le gouvernement central qui trouve ce budget très exorbitant, la CENI sacrifice sans le savoir une province déjà à problème, pour satisfaire son propre besoin. En effet, depuis le démembrement des provinces intervenu en 2015, le Sankuru peine à décoller économiquement à cause de sa classe politique, championne en querelles inutiles de recherche de leadership qui déstabilisent tous les gouvernements provinciaux qui se sont succédé. De Berthold Ulungu, en passant par Stéphane Mukumadi, Jules Lodi et Victor Kitenge, sans compter les intérimaires Tchiabilo et Martin Ecipia, le Sankuru n’a construit ni un mètre carré de route asphaltée, ni un nouveau bâtiment administratif, moins encore d’autres Infrastructures de base. Par contre, la province s’enlise dans la pauvreté. Malheureusement, la CENI veut encore la plonger dans le désarroi avec son budget de 1 million USD boudé par le gouvernement, alors que le nouveau gouverneur attendu pourrait opérer le miracle du décollage économique.


