Forum Médias RDC–Chine : Intervention sur la lutte contre la corruption, Jules Alingete toujours égal à lui-même 

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, n’a pas seulement accueilli un forum. Elle a été le théâtre d’une mise en garde, presque d’un réquisitoire, porté par une voix désormais familière des débats sur la gouvernance publique.

« La corruption est l’ennemi du développement ». C’est par cette formule, à la fois simple et percutante, que l’inspecteur général des finances honoraire et émérite, Jules Alingete, a résumé une intervention dense, marquée par la gravité du propos et la précision des faits.

Face à un auditoire composé de professionnels des médias congolais et chinois, l’ancien gendarme financier n’a pas dévié sa ligne : dire, démontrer, alerter.

Des révélations qui s’inscrivent dans une constance médiatique

Ce qui frappe, au-delà du forum, c’est la cohérence du discours. Ces dénonciations ne sont pas un fait isolé. Depuis longtemps, en fonction tout comme en retraite, Jules Alingete n’a pas changé son discours dans toutes ses interventions au pays ou à l’étranger, réitérant et martelant le même message : la mauvaise gestion des deniers publics, caractérisée par un système fragilisé par des pratiques de surfacturation, de détournement et d’opacité, hypothèque l’avenir du pays.

Au Forum Médias RDC–Chine, cette parole s’est faite plus incisive encore, nourrie d’exemples concrets liés aux contrats sino-congolais conclus sous le régime de Joseph Kabila.

Quand les chiffres parlent

Dans une salle suspendue à ses mots, l’IGF honoraire et émérite a évoqué des cas présumés qui interrogent :

• L’avenue du Tourisme : environ 4 km pour 38 millions de dollars.

• Le tronçon rond-point Triomphal – Huileries – avenue de la Libération : moins d’un kilomètre pour près de 40 millions de dollars.

• L’Hôpital du Cinquantenaire : 115 millions de dollars pour un site dont les structures existaient déjà.

Des montants qui, au-delà de leur ampleur, posent une question essentielle : celle de la traçabilité et de la justification des dépenses publiques.

Une leçon morale aux accents politiques et économiques

Mais plus qu’un inventaire, l’intervention de Jules Alingete s’apparente à une leçon morale. Une interpellation directe adressée aux décideurs, aux partenaires internationaux et aux citoyens.

Dans ses prises de parole médiatiques antérieures comme dans ce forum, il insiste : sans transparence, il ne peut y avoir ni confiance, ni investissements durables.

À l’heure où la RDC cherche à renforcer sa coopération avec la Chine, notamment dans les secteurs des infrastructures et des ressources naturelles, ce discours sonne comme un avertissement : la solidité des partenariats repose aussi sur l’intégrité des mécanismes internes.

Entre vérité crue et espoir de réforme

En filigrane, un espoir : celui de voir émerger une nouvelle culture de gestion publique, plus rigoureuse, plus responsable. Car en répétant inlassablement ses alertes dans les médias, Jules Alingete ne se contente pas de dénoncer. Il tente d’ancrer, dans l’opinion, une exigence : celle de rendre des comptes.

À Kinshasa, au croisement de la diplomatie et de l’information, une certitude s’impose : la bataille pour la transparence se joue aussi dans les mots. Et ceux de Jules Alingete continuent de résonner bien au-delà des salles de conférence.

À ne pas rater

À la une