P-DDRCS : Ntanga et Muyaya lèvent le voile sur les premiers résultats engrangés

Dans la dynamique impulsée par le président de la République, Félix Tshisekedi, et mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par la première ministre Judith Suminwa, la République démocratique du Congo semble franchir un nouveau cap dans sa quête d’une paix durable. Au cœur de cette stratégie nationale : la neutralisation progressive des groupes armés et la réinsertion des ex-combattants dans la vie civile.

Longtemps considéré comme un chantier délicat dans les zones ravagées par les violences, l’encadrement des anciens membres de groupes armés s’impose désormais comme un instrument stratégique de stabilisation. L’objectif est clair : restaurer l’autorité de l’État, renforcer la cohésion sociale et redonner aux communautés meurtries les moyens de se reconstruire.

C’est dans ce contexte que, lundi 9 mars 2026, lors d’un briefing presse organisé à la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), le coordonnateur du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), Jean de Dieu Désiré Ntanga, accompagné du ministre de la Communication et médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a levé le voile sur les premiers résultats enregistrés par ce programme présenté comme l’un des piliers de la stratégie nationale de règlement pacifique des conflits armés.

Plus de 3 000 combattants démobilisés

Face aux professionnels des médias, le coordonnateur national du programme a dressé un premier bilan jugé encourageant. Selon lui, les douze derniers mois ont été marqués par une intensification des opérations de désarmement et de réintégration sociale dans plusieurs provinces touchées par les conflits.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 3 000 ex-combattants ont été démobilisés, tandis que des milliers d’armes et d’équipements de combat ont été récupérés dans différentes zones affectées par l’insécurité.

Dans la province du Nord-Kivu, notamment dans les villes de Beni et Butembo, 838 ex-combattants sont actuellement pris en charge dans le cadre du processus de réinsertion communautaire. Ces derniers bénéficient d’un encadrement visant à favoriser leur réintégration dans la société et à promouvoir les valeurs de cohésion nationale.

« Au Nord-Kivu, précisément à Beni et Butembo, nous avons 838 clients que nous accompagnons pour leur réinsertion dans la communauté. Nous les impliquons dans des formations axées sur la cohésion nationale et la citoyenneté », a expliqué le coordonnateur.

Dans la même dynamique, plus de 900 armes ont été récupérées, tandis que 487 combattants ont été désarmés à la fin du mois de février. En province de l’Ituri, 500 ex-combattants ont également été mobilisés et réintégrés dans la communauté.

Un accompagnement psychologique et professionnel

Au-delà du simple désarmement, le P-DDRCS innove en intégrant la dimension psychologique dans la prise en charge des anciens combattants. Un protocole d’accord signé avec le comité de pilotage de la santé mentale permet désormais d’assurer un accompagnement psychologique aux bénéficiaires après leur désarmement.

« Nous assurons également leur formation en collaboration avec le ministère de la Formation professionnelle avec lequel nous avons signé un protocole d’accord », a précisé Jean de Dieu Désiré Ntanga.

Le programme vise ainsi à offrir aux anciens combattants des alternatives socio-économiques crédibles, capables de favoriser leur reconversion vers des activités productives au bénéfice de leurs communautés.

Un dispositif national pour prévenir la récidive

Dans le Maï-Ndombe, 151 combattants ont déjà été démobilisés, et leur formation professionnelle est en préparation. Parallèlement, plus de 400 agents ont été formés pour la sensibilisation et l’identification des armes, afin de renforcer l’efficacité des opérations de désarmement sur le terrain.

Pour garantir la sécurité des ex-combattants ayant accepté de déposer les armes, le programme travaille en étroite collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

« Notre structure collabore avec les FARDC pour assurer la protection de ceux qui ont accepté de se rendre et de déposer les armes. Nos interventions reposent sur deux approches complémentaires : militaire et civile », a expliqué le coordonnateur.

Selon lui, la stratégie nationale mise en place par la RDC constitue un mécanisme solide pour éviter le retour aux armes.

« Avec ce programme national complet et cohérent, il est difficile pour les anciens combattants de replonger dans les groupes armés. Le programme repose sur plusieurs composantes : la résolution des conflits, la cohésion nationale, la restauration de l’autorité de l’État, la réinsertion sociale et la communication », a-t-il affirmé.

La cohésion sociale au cœur de la stabilisation

Au-delà de la réinsertion économique, le P-DDRCS accorde une place importante à la réinsertion sociale et à la promotion du vivre-ensemble, considérées comme des leviers essentiels pour consolider la paix dans les zones affectées par les violences.

« Notre travail vise aussi la réinsertion sociale afin de favoriser le bien-vivre ensemble. Cela contribuera naturellement au retour de la paix dans les zones touchées par les hostilités », a souligné le coordonnateur.

Le programme intègre également la dimension genre, notamment dans les zones de conflit où les femmes sont souvent victimes ou impliquées malgré elles dans les dynamiques des groupes armés.

« Nous faisons en sorte que la parité soit respectée dans les coordinations provinciales et que les femmes puissent bénéficier pleinement des mécanismes de réinsertion », a-t-il ajouté.

Alors que l’Est de la RDC demeure marqué par des tensions sécuritaires persistantes, le P-DDRCS se dit déterminé à poursuivre ses efforts pour accompagner la vision du gouvernement en matière de stabilisation. L’objectif reste inchangé : favoriser le retour durable de la paix, restaurer l’autorité de l’État dans les zones fragilisées et renforcer la cohésion nationale entre les communautés congolaises.

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