Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la terre continue de parler… mais trop souvent par des cris de douleur. À Rubaya, dans le territoire de Masisi, une nouvelle tragédie vient rappeler au monde le prix humain de l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Dans la nuit du 7 mars 2026, aux environs de 4 heures du matin, un glissement de terrain massif a englouti plusieurs galeries artisanales du site minier de Gakombe, également appelé Gatambi Kalambairo. Le drame s’est produit dans le périmètre minier PE-16159 appartenant à la SAKIMA. Selon les premières informations recueillies par les autorités, plusieurs personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles des nourrissons et des enfants. Des blessés ont également été signalés, tandis que des habitations voisines ont été gravement endommagées.
Mais derrière cette catastrophe naturelle se cache une réalité bien plus sombre.
Une catastrophe annoncée
Les fortes pluies qui ont précédé l’éboulement ne sont qu’un facteur aggravant. La véritable cause, selon le gouvernement congolais, réside dans le creusage intensif et incontrôlé des galeries minières, mené dans un contexte d’exploitation illégale orchestrée par la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda.
Dans cette région minière stratégique du Nord-Kivu, les creuseurs artisanaux travaillent souvent dans des conditions extrêmes, sans encadrement technique ni mesures de sécurité. Poussés par la pauvreté et l’économie de guerre, ils descendent chaque jour dans des galeries instables, où la promesse d’un minerai précieux peut se transformer en piège mortel.
La tragédie de Gakombe n’est malheureusement pas un cas isolé.
Rubaya, une zone rouge au cœur d’une économie de guerre
Le gouvernement rappelle que le périmètre minier de Rubaya est officiellement classé « zone rouge », ce qui signifie que toute activité d’extraction, de transformation ou de commercialisation des minerais y est formellement interdite. Pourtant, les activités minières s’y poursuivent clandestinement, alimentant un système organisé d’exploitation illégale des ressources naturelles. 
Selon les autorités congolaises, ce réseau sert à financer une économie de guerre qui prospère sur l’instabilité sécuritaire dans l’Est du pays.
Plus inquiétant encore, cette nouvelle catastrophe intervient après deux autres drames survenus les 28 janvier et 3 mars 2026 dans la même zone. En l’espace de seulement 37 jours, plusieurs centaines de Congolais ont perdu la vie dans des effondrements de sites miniers artisanaux.
Un bilan qui interroge la conscience collective.
Kinshasa promet des poursuites
Face à l’émotion nationale, le gouvernement congolais a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité aux communautés de Rubaya et du territoire de Masisi.
Dans la foulée, les autorités annoncent leur détermination à traduire en justice toutes les personnes impliquées dans les circuits d’exploitation illégale des minerais, qu’il s’agisse d’acteurs locaux ou de bénéficiaires indirects de cette économie clandestine.
Kinshasa promet également de documenter les violations des droits humains liées à cette exploitation afin d’établir les responsabilités devant les juridictions compétentes.
Un appel à la communauté internationale
Au-delà du drame humain, le gouvernement congolais interpelle la communauté internationale. Pour Kinshasa, la tragédie de Rubaya est la conséquence directe de l’exploitation illégale des ressources naturelles dans une zone sous occupation armée.
Dans cette région où les minerais stratégiques attisent les convoitises, chaque éboulement raconte une histoire de guerre économique, de pauvreté et de souveraineté contestée.
Et pendant que les galeries s’effondrent sous terre, c’est tout un pays qui continue de lutter pour reprendre le contrôle de ses richesses.


