Quatre sénateurs du groupe AFDC-A ont fait une déclaration politique pour désapprouver la prise de position par leur autorité Modeste Bahati Lukwebo sur la question de la retouche de la Constitution.
« La récente sortie médiatique de l’honorable Modeste Bahati, autorité morale de notre groupe politique n’a jamais fait l’objet d’aucune discussion ni validation préalable au sein de notre groupe politique. En conséquence, notre groupe se désolidarise de cette prise de position exprimée à titre personnel et invite le 2è vice-président du Sénat à tirer les conséquences politiques qui s’imposent », peut-on lire dans leur déclaration lue au Palais du peuple ce lundi 09 mars.
Les sénateurs Alphonse Ngoyi Kasanji, Jeancy Diahoya Netuhola, Joseph Ngalamulume et Richard Kimbulu Djomba disent réaffirmer leur appartenance à l’Union sacrée de la nation et leur fidélité indéfectible à la haute autorité politique Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Analyse politique
« Tirer les conséquences politiques qui s’imposent », cette phrase de désaveu souvent prononcée en politique est certes courte, mais elle peut engendrer toute une dissertation en sciences politiques.
En effet, à bien lire leur déclaration, les quatre sénateurs commencent par « autorité morale » lorsqu’ils condamnent l’acte de Modeste Bahati étant que numéro 1 de leur groupe politique. Mais lorsqu’il s’agit de tirer les conséquences politiques, ils adressent l’invitation au 2è vice-président du sénat.
Cette nuance n’est pas anodine quand on sait déjà qu’il y a une pétition de déchéance en gestation de Modeste Bahati du bureau du sénat qui a, selon un sénateur qui s’est confié à Scoop RDC, atteint déjà plus de 35 signatures alors qu’il en fallait seulement 22. Et sans aucun doute ce, sur base de l’expérience parfaite du fonctionnement du monde politique congolais caractérisé par la logique de « ôte-toi de là que je m’y mette », les jours du « Vieux Maradona » sont comptés à la chambre haute du parlement en tant que troisième personnalité du bureau, même si son désaveu est jusque-là porté par seulement 4 sénateurs sur les 13 AFDC-A que compte le sénat.
Aussi, ce désaveu risque de s’étendre à l’Assemblée nationale où siègent 35 députés AFDC-A dont la majorité, révèle-t-on à Scoop RDC, est frustrée face au dribbling gestionnaire de leurs ambitions par Modeste Bahati dans le partage des postes ministériels et des mandataires au sein des entreprises publiques.
Les coups bas étant la caractéristique du monde politique, il n’est pas étonnant de voir Modeste Bahati revivre le cauchemar « Nene Nkulu » au début de la coalition FCC-CACH. En effet, à cause de sa désobéissance au mot d’ordre de Joseph Kabila de laisser le perchoir du sénat à Alexis Thambwe Mwamba, Modeste Bahati a eu à vivre des moments de fortes turbulences politiques marquées par un schisme au sein de son parti AFDC avec Nene Nkulu à la tête, soutenue par l’ancien patron de l’ANR Kalev Mutond déterminé à tout prix à lui ravir le parti. C’est grâce au divorce FCC-CACH et son allégeance au régime de Tshisekedi que Bahati a pu bien respirer en reprenant le contrôle, non seulement de son parti et de son regroupement politique, mais aussi en occupant le fauteuil tant envié du perchoir du sénat, en remplacement d’ATM.
Maintenant qu’il vient de commettre le même crime de lèse-majesté, subira-t-il le même sort ? Qui jouera cette fois-ci le rôle autrefois assumé par Nene Nkulu ? Car, « tirer les conséquences politiques qui s’imposent » dans le cas d’espèce de Modeste Bahati voudrait tout simplement signifier : « abandonner tous les avantages obtenus du pouvoir que l’on ne soutient plus ». Le Vieux Maradona démissionnera-t-il avant d’être déchu ? Retira-t-il ses enfants et autres proches casés dans les institutions ? Wait and see, comme nous conseillent les Anglais.


