La problématique du désarmement et de la réinsertion des anciens combattants s’impose progressivement comme l’un des dossiers sécuritaires et sociaux les plus stratégiques pour l’État congolais.
Conscient de l’ampleur de cet enjeu, le corps diplomatique accrédité en République démocratique du Congo a affiché sa disponibilité à accompagner l’action du ministre délégué à la Défense nationale en charge des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe Mposhi.
Cette position a été exprimée lors d’une réunion tenue jeudi 5 mars à Kinshasa, au siège du cabinet du ministre. Une rencontre qui a permis d’ouvrir un cadre de dialogue direct entre les partenaires internationaux et les autorités congolaises autour d’un chantier aussi sensible que déterminant pour la stabilité du pays.
Nommé par l’ordonnance présidentielle du 15 décembre 2025, le ministre délégué s’est vu confier la responsabilité de piloter le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale des ex-miliciens ainsi que des militaires concernés par les programmes de transition. Un chantier complexe qui exige à la fois une coordination institutionnelle rigoureuse, un appui international soutenu et une approche globale de stabilisation.
Une coordination stratégique avec les partenaires
Au cœur des échanges, la nécessité d’une meilleure coordination des interventions sur le terrain. Diplomates et autorités congolaises ont souligné l’importance d’une approche cohérente et nationale, capable d’éviter la dispersion des initiatives et de renforcer l’efficacité des programmes existants.
Dans cette optique, plusieurs observations ont été formulées sur le fonctionnement des mécanismes déjà en place, notamment le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS) ainsi que la Réserve armée de la défense (RAD). L’ambition commune demeure claire : consolider ces instruments pour garantir une réinsertion durable des anciens combattants dans la société.
Le Grand Bandundu au centre des priorités
Profitant de ce cadre d’échanges, Eliezer Ntambwe Mposhi est revenu sur les motivations ayant orienté ses premières missions de terrain vers l’espace du Grand Bandundu, récemment secoué par des tensions intercommunautaires entre Teke et Yaka.
Selon le ministre délégué, cette priorité s’inscrit dans la droite ligne des orientations stratégiques du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, déterminé à restaurer durablement la paix dans cette zone sensible.
Le ministre a, à cette occasion, présenté aux diplomates les premières avancées enregistrées dans les efforts de pacification, notamment dans l’axe stratégique Kinshasa – Grand Bandundu – Kongo Central, dont la stabilité demeure essentielle pour l’équilibre sécuritaire de la partie occidentale du pays.
L’intelligence collective comme levier
Face à la complexité des crises sécuritaires et communautaires, le gouvernement congolais entend privilégier une approche inclusive. Devant ses interlocuteurs, le patron des anciens combattants a plaidé pour la promotion de l’intelligence collective et de la complémentarité des actions, conditions indispensables à la construction de solutions durables.
Dans cette perspective, l’option de la justice transitionnelle a également été évoquée comme outil d’accompagnement des processus de pacification et de reconstruction sociale dans les zones affectées par les conflits.
Toutefois, le ministre délégué a invité les partenaires internationaux à faire preuve de patience. « Les étapes ne doivent pas être brûlées », a-t-il insisté, rappelant que la réussite d’un tel processus repose sur une méthodologie progressive et rigoureuse.
Un plan d’action en préparation
Pour structurer cette dynamique, le cabinet du ministre travaille actuellement à l’élaboration d’un plan d’action stratégique destiné à clarifier les priorités, définir les mécanismes de coordination et répartir les responsabilités entre les différents acteurs impliqués.
Pour les participants, cette première réunion marque le début d’une collaboration appelée à se renforcer entre la RDC et ses partenaires diplomatiques autour des enjeux de stabilisation et de réinsertion sociale.
La rencontre s’est finalement achevée dans une atmosphère conviviale, autour d’un cocktail organisé dans les nouvelles installations du cabinet ministériel, offrant l’occasion aux diplomates et au ministre Eliezer Ntambwe Mposhi de consolider davantage les liens de coopération et d’amitié.


