Lutte contre le chômage : Le sénateur Herbert Tshibanda Kadiediem propose l’imposition de 5 % de stagiaires payés dans les entreprises publiques ou privées

À l’heure où la question de l’emploi des jeunes demeure l’un des défis sociaux majeurs en République démocratique du Congo, une initiative législative vient relancer le débat sur les mécanismes d’insertion professionnelle.

A la chambre haute du parlement, le sénateur Herbert Tshibanda Kadiediem a déposé une proposition de loi visant à modifier le Code du travail afin de favoriser l’accès des jeunes diplômés à une première expérience professionnelle.

Au cœur de cette initiative se trouve l’introduction d’un dispositif juridique contraignant les entreprises publiques et privées opérant en RDC à réserver au moins 5% de leurs effectifs aux stagiaires professionnels postscolaires ou postacadémiques rémunérés.

À travers cette réforme, l’auteur du texte entend répondre à une problématique structurelle du marché de l’emploi congolais : l’exigence quasi systématique d’une expérience professionnelle pour accéder à un poste, condition qui constitue souvent un obstacle majeur pour les jeunes diplômés.

Combler le fossé entre formation et emploi

Dans l’exposé des motifs, le sénateur Herbert Tshibanda Kadiediem souligne l’existence d’un décalage persistant entre la formation académique et les exigences pratiques du monde du travail.

Cette situation, explique-t-il, enferme de nombreux jeunes dans un cercle paradoxal : sans expérience, ils ne peuvent accéder à l’emploi ; et sans emploi, ils ne peuvent acquérir l’expérience exigée par les recruteurs.

La proposition de loi se veut ainsi un instrument juridique destiné à créer un pont entre l’univers académique et le marché du travail, en instituant un cadre légal clair pour les stages professionnels.

Vers l’institution d’un contrat de stage professionnel

Le texte introduit également dans la législation congolaise la notion de contrat de stage professionnel postscolaire ou postacadémique, appelé à encadrer formellement la relation entre le stagiaire et l’entreprise d’accueil.

Selon la proposition, ce contrat pourrait être conclu pour une durée maximale de trois ans. 

Au-delà de cette période, si le stagiaire continue à exercer ses fonctions au sein de l’entreprise, la relation serait automatiquement requalifiée en contrat de travail à durée indéterminée (CDI).

Cette disposition vise à éviter toute utilisation abusive du statut de stagiaire et à garantir une véritable perspective d’intégration professionnelle.

Un mécanisme sous contrôle institutionnel

La mise en œuvre de ce dispositif devrait se faire sous la supervision des institutions compétentes, notamment l’Office national de l’emploi (ONEM) et l’Inspection du travail, chargés d’assurer le suivi et le respect des dispositions légales.

Par ailleurs, les modalités pratiques d’application du stage professionnel — notamment les conditions d’encadrement, d’évaluation et de résiliation — devraient être fixées par arrêté du ministre ayant le Travail et la Prévoyance sociale dans ses attributions.

Une initiative au cœur des enjeux sociaux

Déposée sur la table du Sénat, cette proposition de loi devra désormais franchir les différentes étapes du processus parlementaire avant une éventuelle adoption.

Dans un pays où la jeunesse constitue la majorité de la population active, cette initiative législative pourrait ouvrir un débat crucial sur la place du droit dans la promotion de l’emploi et la valorisation du capital humain congolais.

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