Silence rompu. Ton ferme. Message assumé, c’est tout ce que l’on peut dire de la sortie médiatique du professeur Modeste Bahati, deuxième vice-président du Sénat, ce mercredi 4 mars 2026.
En effet, depuis la salle de conférence de la Maison Blanche, siège de l’AFDC-A à Kinshasa, il a brisé sa réserve. Au menu : défense sans concession de William Kazumba, riposte judiciaire dans l’affaire Bralima, mise au point sur la Constitution et lecture stratégique de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
William Kazumba soutenu sans ambiguïté
Suspendu de ses fonctions de Directeur général de l’OGEFREM, William Kazumba peut compter sur le soutien inconditionnel de Modeste Bahati.
« J’ai eu le rapport sur ce dossier. Il a fait correctement son travail », affirme-t-il. Selon lui, des pressions auraient été exercées pour pousser le DG à des actes contraires aux procédures établies. « On voulait lui forcer la main… Il a refusé de se compromettre parce que ce qu’on lui demandait ne respecte pas la procédure », révèle-t-il.
Concernant la contribution évoquée aux services de sécurité et aux efforts de guerre, Bahati balaie l’argument : « Quelle est cette entreprise qui ne peut pas contribuer aux efforts de sécurité dans un pays agressé ? Peut-on considérer cela comme une faute lourde ? ».
Le sénateur lance un appel direct au chef de l’État pour le rétablissement du DG suspendu.
Affaire Bralima : riposte judiciaire pour diffamation
Autre dossier brûlant : les accusations relayées par le Managing Director de Bralima, Etienne Saada, sur une prétendue implication de Bahati dans une structure liée à BRALIMA/Sud-Kivu.
Le professeur dénonce un « rapport erroné » et annonce avoir saisi la justice pour diffamation.
« Cette information est fausse et infondée. J’ai décidé de saisir la justice pour rétablir mon honneur et ma réputation », insiste-t-il.
Ému, il rappelle son statut de victime de la guerre dans l’Est : « Comment peut-on imaginer que moi, dont le patrimoine est occupé de force par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda, je puisse composer avec mes bourreaux ? »
Une mise au point qui sonne comme un véritable signal politique parce dans ce dossier, le « Vieux Maradona » cite Doudou Fwamba et Floribert Anzuluni, respectivement ministre des Finances et ministre de la Coopération régionale. En quoi sont-ils impliqués ? Là, Modeste Bahati demande aux journalistes de questionner les concernés.
Constitution : « Le problème n’est pas les textes, mais les hommes »
Sur la question de la révision ou du changement de la Constitution, Bahati reste fidèle à sa ligne, sous Joseph Kabila comme sous Félix Tshisekedi :
« Quand on aime son pays, quand on aime son chef, on lui dit la vérité. Le pays n’a pas de problème de textes. Il faut appliquer ceux qui existent »
Un message clair aux courtisans et flatteurs, critiquant implicitement la Constitution du 18 février 2006.
Est de la RDC : vigilance sur le statu quo
Sur le plan sécuritaire, Bahati soutient les processus diplomatiques en cours à Washington et Doha, saluant les sanctions américaines visant les forces rwandaises.
« Lorsque certains croient que la guerre est terminée, qu’ils sachent que chaque camp garde sa position. Aujourd’hui, une partie de notre territoire est occupée. Ceux qui soutiennent le statu quo appuient la partition du pays », avertit-il.
Il plaide pour la stricte application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, exigeant le retrait des troupes rwandaises.
Dialogue national : pas de conditions, retrait préalable exigé
Pour Modeste Bahati Lukwebo, tout dialogue sur la crise ne peut se tenir qu’après le retrait sans condition des troupes rwandaises du sol congolais.
Un avertissement adressé aux flatteurs et courtisans autour du Chef de l’État.
S’inspirant de la fable de Jean de La Fontaine, Le Corbeau et le Renard, le professeur précise : « Alors que notre pays est gravement affecté par cette guerre, certains malins, jaloux, de faux conseillers, des flatteurs et courtisans s’emploient à me diaboliser à Kinshasa. Ils me prêtent des intentions que je n’ai pas et cherchent à m’opposer au chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à qui j’apporte ma loyauté ainsi que mon soutien politique et stratégique ».
Il faudra retenir qu’à travers cette sortie médiatique, Modeste Bahati Lukwebo dit « Vieux Maradona » assume clairement sa posture : défendre ses cadres, protéger son honneur et rappeler sa loyauté envers la Constitution et le chef de l’État.
Dans un contexte politique sensible et une crise sécuritaire persistante, il affiche fermeté, engagement et constance.


