Rentrée judiciaire 2025-2026 de la Cour des comptes : Devant Félix Tshisekedi, Jimmy Munganga insiste sur la redevabilité au Palais du Peuple

La Cour des comptes de la République démocratique du Congo a procédé, mardi, au lancement officiel de sa rentrée judiciaire 2025-2026 au Palais du Peuple, lors d’une audience solennelle rehaussée par la présence du Président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi que de nombreuses autorités civiles, militaires et judiciaires.

Moment phare de cette cérémonie : la remise officielle du rapport public annuel 2024-2025 par le premier président de la haute juridiction financière, Jimmy Munganga, au Chef de l’État. Sur l’image captée lors de l’événement, on aperçoit le Président recevant symboliquement le document, tandis que le premier président, en tenue d’apparat académique, se tient à ses côtés dans une atmosphère solennelle.

La redevabilité au centre du discours

Dans une allocution à la fois pédagogique et ferme, Jimmy Munganga a tenu à clarifier le concept de redevabilité, qu’il a présenté comme une exigence fondamentale de l’État de droit.

« Pour la Cour des comptes de la République démocratique du Congo, la redevabilité s’entend comme l’obligation légale institutionnelle faite à tout gestionnaire public de rendre compte de l’utilisation des fonds publics, des biens et valeurs de l’État, des provinces et des entités territoriales décentralisées, ainsi que des résultats de la gestion qui lui est confiée », a-t-il expliqué.

Il a souligné que cette obligation ne concerne pas uniquement les responsables administratifs classiques, mais s’étend également à toute personne, y compris privée, qui intervient dans la gestion des deniers publics, agit comme comptable de fait ou bénéficie d’un appui financier de l’État.

Un message clair : nul n’est au-dessus du principe de reddition des comptes.

Un rapport 2024-2025 sans complaisance

Le rapport public annuel présenté couvre deux exercices et dresse un état des lieux détaillé des missions de contrôle réalisées par la Cour. Audits, contrôles juridictionnels, examens de la discipline budgétaire et financière y sont minutieusement répertoriés.

Le document met en lumière plusieurs irrégularités aux effets jugés particulièrement graves dans certaines institutions publiques et entreprises de l’État. Des insuffisances dans la gestion administrative et financière ont été relevées, accompagnées de recommandations concrètes visant à corriger les dysfonctionnements et à renforcer la transparence.

Un signal fort en faveur de la bonne gouvernance

La présence du Chef de l’État à cette audience solennelle a été interprétée comme un signal politique fort en faveur du renforcement de la gouvernance et de la culture de responsabilité dans la gestion des finances publiques.

En réaffirmant son rôle constitutionnel de contrôle et de sanction des fautes de gestion, la Cour des comptes entend consolider sa place comme pilier du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo.

À travers cette rentrée judiciaire 2025-2026, la haute juridiction financière réaffirme sa détermination à faire prévaloir la rigueur, la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques, condition essentielle à l’édification d’un État de droit solide et crédible.

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