Dérives dans les réseaux sociaux : Tshisekedi exige la carotte et le bâton, Ngefa passe à l’action !

Lors de la réunion du Conseil des ministres de vendredi 27 février dernier, le président de la République Félix Tshisekedi a fait part de ses inquiétudes sur l’usage abusif des réseaux sociaux.

« …les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, d’injures publiques, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale », a-t-il fait remarquer.

Face à toutes ces dérives, Félix Tshisekedi a exigé la vulgarisation du Code du numérique qui encadre l’usage des plateformes numériques et prévoit expressément des mécanismes de prévention, de régulation et de répression de ces comportements déviants, chargeant ainsi le ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des sceaux et le ministre de l’Economie numérique de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, les mesures d’encadrement nécessaires visant à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux, y compris, le cas échéant, des mesures restrictives proportionnées, conformes à la Loi et respectueuses des libertés fondamentales.

Félix Tshisekedi a également instruit le ministre de la Communication, des médias et porte-parole du Gouvernement, en collaboration avec les opérateurs publics et privés des médias, d’assurer la vulgarisation effective et continue du Code du numérique auprès du grand public, à travers des campagnes de sensibilisation adaptées, accessibles et pédagogiques. Aussi, la ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale et nouvelle citoyenneté, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire et innovations, ainsi que les autres opérateurs du secteur éducatif ont été engagés à s’impliquer activement en vue de l’intégration progressive de modules de formation, de sensibilisation et d’éducation au numérique responsable dans les programmes d’enseignement et de formation.

Simplement dit, par la vulgarisation du Code du numérique et des mesures restrictives proportionnées qu’il prévoit, Tshisekedi veut appliquer la politique de la « carotte et du bâton ». Et si les ministres de la Communication et des médias, de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et universitaire sont chargés de la vulgarisation (carotte), celui de la Justice par contre est chargé d’appliquer la loi (bâton).

Sans plus tarder, ce 3 mars 2026, Guillaume Ngefa passe déjà à l’action. Dans un communiqué par lui signé, il annonce la mise en œuvre des poursuites judiciaires relatives aux infractions numériques dans le respect des principes de l’égalité, de proportionnalité et des droits fondamentaux.

« …le cyberespace congolais relève pleinement de l’ordre juridique national et ne saurait, en aucune circonstance, constituer une zone de non-droit », avertit-il dans ce document parcouru par Scoop RDC avant de rappeler que « l’usage des réseaux sociaux et des plateformes numériques (TikTok, Facebook, X, WhatsApp, etc) doit s’exercer dans le strict respect des lois de la République, notamment du Code du numérique, du Code pénal, ainsi que des droits et libertés fondamentaux garantis par la Constitution ».

Epée de Damoclès suspendue sur les internautes…

Guillaume Ngefa suspend l’épée de Damoclès sur les têtes des internautes congolais : « Sont notamment pénalement réprimés : la diffamation, la propagation de fausses informations, le harcèlement, les menaces, les injures, l’incitation à la haine, ainsi que toute atteinte à la vie privée ou à la dignité de la personne ».

Et de mettre ses chiens bergers (procureurs généraux près les Cours d’appel, les procureurs de la République, ainsi que les auditeurs supérieurs des juridictions militaires) en alerte pour notamment veiller à la mise en œuvre effective des poursuites relatives aux infractions commises dans le cyberespace.

Il faut rappeler qu’avant les indignations du président de la République exprimées lors la réunion du Conseil des ministres ci-haut évoquée, le journaliste Louis-France Kuzikesa lui avait adressé, le 16 février 2026, une correspondance dans laquelle il sollicitait la fermeture de Tik Tok en RDC (lire : Protection des mœurs et de l’éducation : TikTok, Louis-France Kuzikesa en veut la fermeture en RDC !).

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