Kinshasa a parlé. Et le message est clair : l’Accord de Washington séduit, mobilise et cristallise de fortes attentes. Selon le dernier baromètre du Sondage LES POINTS, réalisé les 23 et 24 février 2026 auprès de 1 000 personnes à Kinshasa, l’adhésion populaire à cet accord signé en décembre 2025 entre la RDC et les États-Unis est massive… mais exigeante.
Une visibilité record
Première donnée marquante : 86 % des sondés déclarent avoir entendu parler de l’Accord de Washington. La dynamique informationnelle est dominée par les réseaux sociaux (78 %), suivis par la presse écrite et en ligne (67 %) et le bouche-à-oreille (64 %). La radio et la télévision restent influentes, mais le numérique s’impose désormais comme moteur central de l’opinion publique kinoise.
Un soutien majoritaire et assumé
Sur le fond, les chiffres sont éloquents :
• 66 % jugent l’accord « très positif »
• 7 % le considèrent « plutôt positif »
Soit un total de 73 % d’opinions favorables. En face, 25 % demeurent prudents.
Mieux encore, 76 % estiment que cet accord sert l’intérêt supérieur de la nation et 71 % font confiance au gouvernement pour en assurer la mise en œuvre. Une convergence rare entre soutien au projet et confiance institutionnelle.
Une ambition économique structurante
Perçu comme un levier stratégique, l’Accord de Washington ambitionne de transformer le modèle économique congolais en misant sur la transformation locale des minerais critiques. Trois piliers structurent cette vision :
• Infrastructures et énergie
• Dynamisme économique et création d’emplois
• Gouvernance et transparence dans la gestion des ressources
Pour 68 % des sondés, il s’agit d’une opportunité historique. Seuls 8 % y voient un risque pour la souveraineté nationale.
Les priorités sociales clairement identifiées
La population veut des retombées visibles. Les secteurs jugés prioritaires sont :
• La santé (68 %)
• Les infrastructures (54 %)
• L’agriculture (50 %)
• L’emploi des jeunes (34 %)
• L’éducation (32 %)
La demande est explicite : amélioration des conditions de vie, paix durable, intégrité territoriale et reconstruction nationale.
Un soutien mais pas naïf
Si l’enthousiasme est réel, la vigilance demeure.
• 61 % pensent que les retombées seront équitables
• 21 % redoutent une distribution inégale des bénéfices
Sur le plan temporel, 70 % attendent des résultats concrets dans les deux ans, dont 15 % en moins d’un an. Le mot d’ordre est clair : agir vite.
Les figures gouvernementales en première ligne
Plusieurs membres du gouvernement tirent leur épingle du jeu dans la perception publique :
• Judith Suminwa Tuluka : 71 % d’opinions favorables
• Patrick Muyaya : 66 %
• Daniel Mukoko Samba : 61 %
• Thérèse Kayikwamba : 58 %
• Louis Watum Kabamba : 57 %
• Justin Kalumba Mwana Ngongo : 55 %
• Julien Paluku : 51 %
Ces chiffres traduisent une reconnaissance du travail de vulgarisation, de diplomatie économique et de pilotage stratégique autour de cet accord.
Pas de débat, mais des résultats !
Fait révélateur : 73 % des sondés ne souhaitent pas l’organisation d’un débat national élargi autour de l’accord. Pour une large majorité, l’heure n’est plus aux discussions interminables mais à l’action concrète.
Conclusion : l’espoir sous condition
L’opinion kinoise soutient l’Accord de Washington. Elle y voit un instrument de transformation économique et un vecteur potentiel de prospérité partagée. Mais cet appui populaire est conditionné par des résultats rapides, mesurables et équitables.
Entre espoir de paix, attentes sociales fortes et confiance relative envers les institutions, le gouvernement joue désormais sa crédibilité sur le terrain de l’efficacité.
Kinshasa applaudit. Reste à livrer.


