Violation du code de la route et mauvaise conduite à Kinshasa : Les chauffeurs des véhicules PR se font tirer les oreilles

Lors de la 23ième réunion du Conseil des ministres, vendredi 08 octobre 2021, aux membres du gouvernement, aux membres de son cabinet ainsi qu’à tous les hauts cadres de la République, le président de la République avait exigé le respect strict du code de la route. Cela faisait suite à son constat selon lequel la cause profonde des embouteillages dans la ville de Kinshasa était l’incivisme des usagers de la route (lire l’article de Scoop : Incivisme routier : Fatshi interpelle les ministres et membres de son cabinet contrevenants !).

Plus de quatre ans après, la situation s’est même empirée avec comme acteurs principaux les officiels dont les utilisateurs des véhicules portant immatriculation de la présidence de la République (PR).

Face à cette situation désastreuse caractérisée par une recrudescence de comportements « inciviques et illégaux » sur les artères de la capitale, deux responsables de la présidence de la République ont monté le ton pour rappeler à tous les bénéficiaires et chauffeurs des véhicules de fonction immatriculés « PR ».

En effet, l’assistant logistique du chef de l’État, Jean Paul Mulumba Mutekemene, et le coordonnateur des Ressources humaines de la présidence, Claude Zinga Efika, ont, dans une note co-signée 19 février 2026 et rédigée à la suite de « nombreuses plaintes d’usagers de la route » et d’enquêtes internes, dénoncé les faits tels que le non-respect du Code de la route et des feux de signalisation ; la circulation en double file et en sens interdit ; les intimidations à l’encontre d’autres conducteurs et même d’agents de l’ordre ; l’installation strictement interdite de gyrophares et dispositifs assimilés ; le bâchage ou la dissimulation des plaques d’immatriculation ; ainsi que diverses formes de trafic d’influence, d’abus d’autorité ou d’invocation abusive du nom de la Présidence.

Autant de pratiques, remarquent les signataires, qui constituent une violation grave des engagements pris lors de l’acquisition des véhicules de fonction « PR », chaque bénéficiaire et chauffeur ayant signé une Charte de bonne conduite les engageant à un usage « responsable, discipliné et exemplaire ».

Pour eux, au-delà des infractions routières, c’est l’image même de la première institution du pays qui est mise en péril. Les auteurs de la note estiment que ces comportements portent atteinte « à l’image, à la crédibilité et à l’autorité morale » de la présidence et, par ricochet, à l’action de son premier animateur, le président de la République à qui, ils ont réservé copie de leur note circulaire.

Il faut rappeler que tout récemment, les militaires à bord d’un véhicule de la présidence immatriculé PR 0824 Adm très pressé, ont méchamment cassé les vitres d’un bus transportant les Léopards U17 qui revenaient de leur entrainement, à la grande indignation de tous les observateurs, alors que ce bus était sur sa bande et roulait dans les normes (Lire l’article de Scoop RDC : Abus et excès de pouvoir : les gardes d’un cadre de la présidence de la République au véhicule immatriculé PR 0824 ADM vandalisent le bus transportant les Léopards U17).

Avec ce rappel solennel à l’ordre annonçant des mesures dissuasives, beaucoup sont d’avis qu’il faut renforcer le pouvoir des agents de la Police de circulation routière et les protéger face aux intimidations et menaces des inciviques, mieux des délinquants officiels sur les artères de Kinshasa.

Somme toute, quels que soient la fonction et le grade, tous les bénéficiaires des véhicules avec plaque d’immatriculation PR sont prévenus par l’assistant logistique du chef de l’État et le coordonnateur des Ressources humaines de la présidence : « Tout contrevenant s’expose, sans avertissement préalable, à un blâme officiel émanant de la haute hiérarchie. En cas de récidive, la confiscation immédiate du véhicule de fonction est prévue, ‘’sans délai’’ et ‘’jusqu’à nouvel ordre’’, sans préjudice d’éventuelles poursuites administratives ou disciplinaires. Aucune tolérance, aucune intervention et aucun passe-droit ne seront admis ».

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