Le Gouvernement de la RDC anticipe une pression humanitaire exceptionnelle en 2026. Face à la persistance des conflits armés, aux fragilités du système de santé et aux effets croissants des perturbations climatiques, les autorités estiment à 1,4 milliard de dollars américains les ressources nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires à l’échelle nationale.
Selon les projections de l’exécutif, près de 15 millions de Congolais pourraient dépendre de l’aide humanitaire cette année, dont plus de la moitié en situation de grande vulnérabilité. L’insécurité persistante, particulièrement dans l’Est du pays, provoque des déplacements massifs et répétés de populations, compliquant l’organisation et l’efficacité des interventions humanitaires.
Une crise aggravée par la guerre dans l’Est
L’agression armée dont est victime la RDC de la part du Rwanda, à travers le mouvement rebelle du M23, demeure l’un des principaux facteurs de détérioration de la situation humanitaire. À ce jour, plus de 337 000 Congolais ont fui l’Est du pays et vivent dans des camps de réfugiés au Burundi et en Tanzanie, dans des conditions extrêmement précaires.
Ces données ont été communiquées par la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ce samedi 17 janvier 2026 à Kinshasa. Cette communication fait suite à une mission officielle de distribution de l’aide humanitaire dans ces deux pays voisins.
Burundi : 250 000 réfugiés congolais, dont des milliers d’enfants vulnérables
Selon les chiffres officiels, près de 250 000 réfugiés sont accueillis au Burundi, répartis sur sept sites. Le site de Busuma concentre à lui seul 67 000 réfugiés, dont 30 000 enfants. Parmi eux, plus de 2 200 enfants non accompagnés, exposés à de graves risques sociaux et sanitaires.
Tanzanie : 87 000 déplacés recensés
En Tanzanie, la délégation congolaise a recensé environ 87 000 réfugiés, dont 50 000 enfants âgés de 0 à moins de 18 ans.
« Au cours de notre mission, 28 naissances ont été enregistrées et la dernière vague de réfugiés congolais arrivée compte 9 800 personnes », a précisé Ève Bazaiba.
Une assistance humanitaire exceptionnelle de la RDC
Face à l’ampleur de la crise, le Gouvernement congolais a déployé une assistance humanitaire significative, comprenant vivres, biens non vivriers et kits de dignité, destinés principalement aux femmes et aux enfants.
« Nous avons été confrontés à une véritable tragédie humaine. Ces populations n’ont pas quitté le pays par choix, mais à cause de la guerre et de l’agression rwandaise via le M23 », a déclaré la ministre.
Elle a souligné l’engagement exceptionnel de la RDC envers ses ressortissants réfugiés à l’étranger :
« Bien que le droit international humanitaire limite l’intervention directe d’un pays en faveur de ses réfugiés hors de ses frontières, la RDC a estimé qu’elle avait une obligation morale d’agir. Aujourd’hui, notre pays est le premier donateur au profit de ses ressortissants réfugiés au Burundi et en Tanzanie ».
Résilience des réfugiés et appel à la solidarité internationale
Malgré la précarité des conditions de vie, les réfugiés congolais ont exprimé un fort attachement à la patrie et un désir unanime de retourner au pays dès le rétablissement de la paix.
« Au Burundi comme en Tanzanie, nous avons été accueillis par des compatriotes chantant l’hymne national, souvent en larmes, réaffirmant que la RDC restera une et indivisible. Leur message est clair : la paix, la sécurité et le retour à la maison », a témoigné Ève Bazaiba.
La ministre a salué l’implication personnelle du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que celle de la Première ministre, Judith Suminwa, dans la gestion de cette crise humanitaire.
De son côté, le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a réaffirmé la détermination des autorités congolaises à œuvrer pour le rétablissement d’une paix durable dans l’Est, tout en appelant à un engagement renforcé de la communauté internationale, indispensable pour éviter une détérioration humanitaire majeure.


