Francophonie : Pourquoi la RDC ne peut-elle pas présenter la candidature de Isidore Kwandja Ngembo ?

Le XXe Sommet de la Francophonie est prévu en novembre de cette année à Siem Reap, au Cambodge. Il sera consacré essentiellement à l’élection d’un nouveau secrétaire général étant donné que la Rwandaise Louise Mushikiwabo est fin mandat.

L’appel à candidatures a été lancé depuis novembre dernier et les candidatures portées officiellement par les États membres sont attendues jusqu’en mai 2026.

Bien que la Charte de la Francophonie ne limite pas expressément le nombre de mandats du secrétaire général, un troisième mandat consécutif pour la Rwandaise constituerait une rupture avec la norme internationale généralement observée depuis des décennies auprès des organisations internationales.

En tout cas, un troisième mandat pour Mme Mushikiwabo à la tête de la Francophonie n’est pas un acquis. Cela dépendra du rapport de force politique et diplomatique au Sommet de la Francophonie en novembre prochain au Cambodge. Or, pour les pays comme le Canada qui sont très attachés à l’alternance démocratique et qui cherchent à faire émerger de nouvelles figures au sein de l’OIF, un troisième mandat serait très mal vu et cela renforcerait l’idée que la Francophonie est un outil diplomatique au service de certains États.

Voilà pourquoi la RDC est appelée à postuler à ce poste de secrétaire général de l’OIF. Non sans raison, car avec son poids démographique devenu central dans l’espace francophone et une diplomatie plus active sous Félix Tshisekedi, la RDC doit chercher clairement à transformer une réalité quantitative en influence institutionnelle.

En effet, une candidature congolaise aura du sens parce qu’elle doit s’inscrire dans la continuité du tournant amorcé à Kinshasa en 2012, et confirmé avec les Jeux de la Francophonie en 2023 pour faire de l’OIF un levier de développement, de financement, de coopération productive et non un simple forum politique.

Isidore Kwandja, candidat valable

Sans influencer le président de la République, Scoop RDC estime que monsieur Isidore Kwandja Ngembo pourra être un très bon cheval de la RDC dans cette course. Il est une figure bien établie et reconnue en RDC, au Canada et plus largement dans l’espace francophone. Il n’est plus à présenter pour beaucoup dans ces milieux, surtout en raison de son parcours professionnel impressionnant et de ses contributions visibles.

Voici un aperçu clair de ce qu’il est et pourquoi il jouit d’une telle notoriété :

Parcours professionnel principal :

– Au Canada : Il a occupé plusieurs postes dans l’administration fédérale canadienne, notamment comme conseiller à la Direction Afrique centrale et occidentale au Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (chargé de dossiers sur plusieurs pays africains), analyste des politiques publiques dans divers ministères (Environnement, Statistique Canada, Droits de la personne, Conseil du Trésor, Patrimoine Canada, etc.), et expert en gestion publique, gestion axée sur les résultats, droits humains, coopération au développement, changements climatiques et diplomatie.

– En RDC : Il est surtout connu pour avoir été nommé par le président Félix Tshisekedi comme Directeur national des IXes Jeux de la Francophonie (organisés à Kinshasa en 2023). Malgré les défis et les reports, il a réussi à mener l’événement à bien, ce qui a été perçu comme un succès diplomatique, culturel et organisationnel pour le pays. Il est actuellement Représentant de la RDC au Conseil d’orientation du Comité International des Jeux de la Francophonie.

– Dans l’espace francophone : Il est un acteur engagé de longue date dans l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), depuis la mandature de Madame Michaëlle Jean. Il a participé à des missions d’observation électorale (en RDC en 2017-2018 pour l’alternance pacifique, en Haïti en 2017). Il publie régulièrement des analyses sur la gouvernance, la réforme de l’administration publique, la gestion axée sur les résultats, la Francophonie économique, la souveraineté de la RDC, etc. Il est souvent cité comme une voix influente plaidant pour une Francophonie plus axée sur le développement économique et les intérêts africains.

Autres aspects marquants :

– Formation solide : Licences et Masters en Histoire ; Économie du développement (Université catholique du Congo ; Droit de l’homme (Université Saint-Louis de Bruxelles) ; Développement international (Université catholique de Louvain) ; Coopération au développement (Université libre de Bruxelles) ; Administration publique et analyse des politiques publiques (École nationale d’administration publique du Québec) ; Science politique (Université d’Ottawa) ; Éthique publique (Université Saint-Paul d’Ottawa) ; Droit international public (Académie de droit international de La Haye) ; Droit international des droits de l’homme (Institut international des droits de l’homme de Strasbourg), etc.

– Activités intellectuelles : 

Blogueur sur Mondoblog (RFI), il est contributeur dans plusieurs journaux de l’espace francophone, notamment à La Libre Afrique (Belgique), Jeune Afrique (France), Le Devoir (Canada), Le Droit (Canada), Le Journal de Québec (Canada), LaPresse (Canada), AFRIK (Actualité africaine), La Prospérité (RDC), SCOOP (RDC), AfricaNews (RDC), etc.

Auteur du livre : « Régime international des droits de l’homme à l’épreuve du climat : Cas de l’État insulaire des Maldives », aux Éditions Universitaires Européennes, en 2019.

Analyses prospectives sur la gouvernance en RDC, et chercheur indépendant en science politique et droits humains.

– Engagement récent (2025-2026) : Il continue d’écrire et faire des analyses prospectives sur la gouvernance en RDC ; sur d’autres sujets comme la Francophonie économique, la salubrité à Kinshasa, et les relations RDC-Canada.

Il incarne ce profil rare de cadre congolais formé à l’international, revenu mettre ses compétences au service du pays, tout en restant connecté aux réseaux francophones et canadiens.

Dans les cercles politiques, administratifs, diplomatiques et intellectuels congolais, canadiens et francophones, son nom est bien connu depuis des années — surtout depuis son rôle central dans les Jeux de la Francophonie 2023 et ses prises de position régulières. 

Bref, Isidore Kwandja est un technocrate respecté, un analyste écouté et un pont entre la RDC, le Canada et le monde francophone, qui peut valablement représenter la RDC au sein de la Francophonie.

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