Une atmosphère lourde s’est installée autour de Congo Airways SA. À la suite de signaux d’alerte émanant des agents et cadres de l’entreprise, le gouvernement a décidé d’agir. En première ligne : l’Inspection Générale des Finances (IGF), appelée à intervenir pour assainir une gestion devenue préoccupante au sein de cette compagnie aérienne étatique qui agonisait déjà, mais vient d’avoir tout récemment une bouffée d’oxygène avec l’acquisition de deux avions de type Embraer achetés par la CNSS, l’une des associés de la société,.
Dans une correspondance officielle issue de la Primature, la première ministre instruit la mise en place d’une commission d’enquête conjointe associant le Conseil Supérieur du Portefeuille, l’Autorité de l’Aviation Civile et l’IGF. Une décision qui traduit la gravité des soupçons pesant sur le fonctionnement interne de la compagnie aérienne nationale, notamment au niveau de son Conseil d’administration.
Sans prononcer explicitement le mot « détournement », le gouvernement reconnaît néanmoins l’existence de dysfonctionnements majeurs. L’entrée en scène de l’IGF, institution réputée pour sa rigueur dans la traque des malversations financières, agit comme un révélateur : là où elle intervient, l’argent public exige des comptes.
La mission confiée à la commission est courte mais décisive. En sept jours, elle devra établir les responsabilités, identifier les irrégularités éventuelles et formuler des recommandations claires. Le rapport attendu au plus tard le mercredi 7 janvier prochain, sera soumis au Conseil des ministres, qui déterminera la suite à réserver à ce dossier sensible.
Entreprise stratégique et symbole de souveraineté nationale, Congo Airways ne peut plus se permettre les errements du passé. L’État semble désormais déterminé à mettre fin à la « pollution » de la mauvaise gouvernance, pour restaurer la crédibilité d’un outil vital au désenclavement du pays.
Reste à savoir si cette opération de salubrité financière marquera un tournant durable ou s’inscrira dans la longue liste des occasions manquées. Mais une chose est certaine : le ciel de Congo Airways est désormais sous étroite surveillance.


