Analyse prospective de la gouvernance publique et du leadership institutionnel en République Démocratique du Congo : Le parcours et l’impact systémique d’Isidore Kwandja Ngembo

L’évolution institutionnelle de la République Démocratique du Congo (RDC) au cours de la présente décennie est intrinsèquement liée à l’émergence d’une nouvelle classe de gestionnaires publics dont le profil combine une expertise internationale rigoureuse et une connaissance profonde des réalités sociopolitiques locales. Parmi ces figures, Isidore Kwandja Ngembo occupe une position singulière. Son parcours, qui s’étend des structures académiques européennes et nord-américaines aux cercles décisionnels du gouvernement fédéral canadien, avant de culminer dans la gestion de crises institutionnelles majeures à Kinshasa, offre un cas d’étude exhaustif sur la transition vers une gestion axée sur les résultats (GAR) dans un environnement complexe. L’analyse de sa trajectoire permet non seulement de comprendre les mécanismes de réussite des IXes Jeux de la Francophonie, mais aussi de saisir les tensions persistantes entre les impératifs de transparence administrative et les réalités des finances publiques congolaises en cette fin d’année 2025.
Fondements académiques et architecture intellectuelle de l’action publique

La capacité opérationnelle d’Isidore Kwandja Ngembo ne peut être dissociée d’un socle académique pluridisciplinaire d’une densité exceptionnelle. Contrairement à de nombreux cadres administratifs dont la formation est sectorielle, Kwandja a structuré son intellect autour de trois piliers complémentaires : l’éthique publique, le droit international et l’analyse des politiques publiques. Cette architecture tripartite lui permet d’aborder les défis de la RDC non comme de simples problèmes logistiques, mais comme des enjeux de cohérence systémique où la morale de l’action doit s’aligner sur la rigueur de la procédure.

Ses qualifications incluent un Doctorat (Ph.D.) en cours de finalisation, soutenu par une Maîtrise en Analyse des politiques publiques (M.A.P.) et une Maîtrise en Management public (D.E.S.S.) de l’École nationale d’administration publique (ENAP) au Québec. L’influence de l’école québécoise de gestion publique est manifeste dans son discours constant sur la redevabilité et la performance. En complément, son Master de spécialisation en droit international des droits de l’homme, obtenu auprès de l’Université catholique de Louvain et de l’Université Saint-Louis de Bruxelles, lui a conféré une maîtrise des cadres juridiques supranationaux, essentielle pour ses interactions ultérieures avec les instances de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’une des dimensions les plus saillantes de son profil est son Diplôme d’études supérieures (D.E.S.) en Éthique publique de l’Université Saint-Paul d’Ottawa. Dans le contexte congolais, où la corruption et l’impunité sont souvent citées par les observateurs et le public comme des freins majeurs au développement, cette spécialisation en éthique constitue un capital symbolique important. Les réactions de ses pairs et de la population soulignent souvent que son CV, jugé « impressionnant » et « costaud », doit servir de rempart contre les « anti-valeurs » traditionnellement associées à la gestion des deniers publics en RDC. Cette attente sociale place Isidore Kwandja dans une position où la réussite technique est indissociable de l’exemplarité morale.

Domaine de FormationDiplôme / CertificationInstitution
Politique PubliqueMaîtrise en Analyse des politiques publiques (M.A.P.)ENAP (Québec-Canada)
Gestion PubliqueD.E.S.S. en Management publicENAP (Québec-Canada)
Droits de l’HommeMaster en Droit international des droits de l’hommeUC Louvain / Saint-Louis (Belgique)
ÉthiqueD.E.S. en Éthique publiqueUniversité Saint-Paul d’Ottawa (Canada)
DiplomatieCours d’introduction aux affaires internationalesInstitut canadien du service extérieur
EnvironnementCertificat en Droit international de l’environnementUNITAR (Genève)
HumanitaireCertificat en Droit international humanitaireCICR (Belgique)
DéveloppementCertificat en Coopération au développementUniversité libre de Bruxelles (Belgique)

Cette polyvalence est renforcée par des certifications techniques obtenues auprès d’organismes prestigieux tels que l’UNITAR pour le droit de l’environnement ou l’Institut International des droits de l’homme de Strasbourg pour les questions liées aux migrations et au droit à l’éducation. Cette accumulation de savoirs n’est pas fortuite ; elle dessine la figure d’un expert capable de dialoguer avec les agences onusiennes, les bailleurs de fonds internationaux et les ministères sectoriels avec une autorité égale.

L’expérience canadienne : Un laboratoire de gestion axée sur les résultats

Avant son retour sur la scène publique congolaise, Isidore Kwandja Ngembo a forgé son expérience professionnelle au cœur de la technocratie canadienne. Sa carrière au sein du gouvernement fédéral du Canada a couvert plus d’une dizaine de ministères et organismes, lui permettant de s’imprégner d’une culture administrative où la séparation entre le politique et l’administratif est strictement codifiée. Cette période a été fondamentale pour l’acquisition des méthodes de travail qu’il a ultérieurement tenté d’implanter en RDC.

Son passage au Ministère des Affaires mondiales Canada, notamment en tant que Conseiller à la Direction Afrique centrale et occidentale, a été particulièrement déterminant. Chargé des dossiers de six pays d’Afrique centrale — le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe et le Tchad — il a développé une expertise en diplomatie régionale et en analyse géopolitique. Cette fonction lui a permis de comprendre les leviers de la coopération internationale et les attentes des partenaires au développement vis-à-vis des États africains.

Parallèlement, ses rôles au Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et à la Commission canadienne des droits de la personne lui ont apporté une expertise en matière de surveillance financière et de conformité administrative. Le Conseil du Trésor, en tant qu’organe responsable de la gestion des ressources humaines et financières du gouvernement canadien, constitue le summum de la rigueur procédurale. C’est dans ce cadre qu’il a consolidé sa maîtrise des audits de performance et de la gestion budgétaire transparente.

Organisation Fédérale (Canada)Domaines d’Intervention
Affaires mondiales CanadaDiplomatie, Commerce international, Dossiers Afrique centrale
Secrétariat du Conseil du TrésorSurveillance financière, Normes de gestion, Gouvernance
Immigration, Réfugiés et CitoyennetéAnalyse de politiques migratoires, Cadres légaux
Environnement et Changement climatiquePolitiques de développement durable, COP 25
Patrimoine canadienPromotion culturelle, Identité nationale
Emploi et Développement socialGestion des ressources humaines, Programmes sociaux
Statistique CanadaCollecte et analyse de données publiques
Commission des droits de la personneProtection des libertés, Justice administrative

Cette immersion dans le modèle canadien a fait de lui un partisan acharné de la réforme de l’administration publique. Dans ses écrits et interventions, il souligne régulièrement que le succès d’un chef d’État, tel que Félix Tshisekedi, dépend de sa capacité à se doter d’une administration compétente, capable d’appuyer efficacement le processus de prise de décision. Son plaidoyer pour une gestion efficace des deniers publics et pour la fin de la politisation de la fonction publique s’appuie directement sur ces deux décennies de pratique au sein d’un État dont le service civil est l’un des plus performants au monde.

La direction des IXes Jeux de la Francophonie : Un sauvetage institutionnel

L’engagement d’Isidore Kwandja dans la gestion des IXes Jeux de la Francophonie constitue sans doute le chapitre le plus intense de son parcours récent. Nommé Directeur du Comité National (CNJF) en octobre 2021, il a hérité d’un projet qui, de l’aveu même de nombreux observateurs, était au bord du gouffre. Initialement attribués au Nouveau-Brunswick (Canada), qui s’est désisté en 2019, les Jeux ont été récupérés par la RDC sous l’impulsion du Président Tshisekedi, qui y voyait un levier diplomatique majeur pour replacer le pays sur l’échiquier international.

Cependant, les retards accumulés, exacerbés par la pandémie de COVID-19 et des dysfonctionnements internes au sein des précédents comités, avaient conduit à deux reports successifs de l’événement. Lorsque Kwandja prend effectivement ses fonctions en août 2022, il ne dispose que de moins d’une année pour organiser ce qui est le plus grand événement sportif et culturel de l’espace francophone. Le défi est titanesque : la quasi-totalité des infrastructures sportives nécessaires n’existait pas ou était dans un état de délabrement avancé.

Pour relever ce défi, Isidore Kwandja a mis en place une structure opérationnelle déclinée en 13 commissions spécialisées. Cette organisation visait à segmenter les domaines d’intervention afin de garantir une expertise spécifique pour chaque aspect des Jeux : la santé, la sécurité, l’hébergement, le transport, la restauration et les compétitions elles-mêmes. Son travail quotidien consistait à s’assurer que les chantiers de construction seraient achevés au moins trois mois avant le début des épreuves, tout en gérant les attentes de l’OIF et des délégations étrangères souvent dubitatives quant à la capacité de la RDC à tenir ses engagements.

Innovations structurelles et logistiques des Jeux de 2023

La réussite des Jeux de Kinshasa a reposé sur une coordination serrée entre le CNJF et les plus hautes instances de l’État. Le Président de la République a effectué plusieurs visites sur les chantiers pour évaluer l’avancement des travaux, signalant ainsi l’importance stratégique de l’événement pour la présidence. Kwandja a su exploiter ce soutien politique pour lever les blocages administratifs et financiers.

Sur le plan de la sécurité, un dispositif inédit a été déployé. Outre la formation de 50 policiers spécialisés dans la sécurisation des sites et des athlètes, le CNJF a recruté une agence privée de renommée internationale, chargée de la protection des ambassades à Kinshasa, pour assurer un gardage de haut niveau. Ce mélange de forces publiques et privées a permis de rassurer les délégations internationales, notamment celles du Québec et de la France, qui avaient exprimé des inquiétudes sécuritaires.

Composante LogistiqueActions EntreprisesObjectif Visé
InfrastructuresConstruction de gymnases et réhabilitation des stadesModernisation du parc sportif national
SantéAccords avec les centres hospitaliers de KinshasaPrise en charge immédiate des athlètes
SécuritéFormation policière et recours à une agence privéeProtection optimale des délégations
HébergementAménagement des résidences universitaires et hôtelsConfort et dignité des participants
TransportFlotte de bus dédiée et régulation du traficFluidité des déplacements inter-sites

L’impact des Jeux a dépassé le simple cadre de la compétition. Pour Isidore Kwandja, ces infrastructures constituent un héritage pour la jeunesse congolaise, permettant de lutter contre l’oisiveté et de favoriser l’émergence de nouveaux talents sportifs. De plus, l’organisation de l’événement a servi à renforcer la cohésion nationale en permettant à des jeunes de différentes provinces de se retrouver à Kinshasa, la plus grande ville francophone du monde.

La controverse budgétaire : Analyse d’un conflit de gouvernance

Malgré le succès populaire et diplomatique des Jeux, la clôture de l’événement a été marquée par une controverse financière majeure opposant Isidore Kwandja au Ministre des Finances de l’époque, Nicolas Kazadi. Ce conflit a mis en lumière les complexités de la comptabilité publique en RDC et les divergences d’interprétation sur ce qui constitue un coût organisationnel par rapport à un investissement infrastructurel.

En octobre 2023, Nicolas Kazadi a affirmé lors d’un point de presse que les Jeux avaient coûté plus de 300 millions de dollars américains à la République, contre une prévision initiale de 48 millions. Le ministre a pointé du doigt un dépassement budgétaire massif qu’il a attribué à des failles de gestion au sein du CNJF et aux retards de livraison qui ont forcé l’État à payer des primes d’urgence aux constructeurs.

La riposte d’Isidore Kwandja a été immédiate et documentée. Il a rejeté fermement les allégations de mauvaise gestion, qualifiant son administration de « rigoureuse, transparente et judicieuse ». Son argumentaire repose sur une distinction comptable fondamentale :

  1. Le budget opérationnel du CNJF : Fixé à environ 66,9 millions d’euros (et non 48 millions de dollars comme suggéré par le ministère), ce budget concernait uniquement l’organisation des Jeux (cérémonies, transport des athlètes, logistique, communication). Kwandja a précisé que ce montant avait été validé par le Comité de pilotage et l’OIF.
  2. Le budget des infrastructures : La grande majorité des 300 millions de dollars évoqués par le ministre concernait la construction et la réhabilitation d’ouvrages pérennes (stades, villages des athlètes, gymnases), des chantiers placés sous la supervision du Ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR) et non du CNJF.
Donnée BudgétaireSource Ministère des FinancesSource CNJF (Kwandja)Observation
Coût Total Avancé> 300 Millions USDN/A (Considéré comme investissement)Inclut les travaux du Ministère de l’ITPR
Prévision Initiale48 Millions USD66,9 Millions EURDivergence sur la monnaie et le périmètre
SurveillanceN/ASupervision permanente de l’IGFGarantie de conformité selon Kwandja
Gestion des DettesRetards attribués au CNJFFonds non intégralement versésBlocages au niveau du Ministère des Finances

Un point crucial de la défense de Kwandja réside dans le rôle de l’Inspection Générale des Finances (IGF). Il a souligné que toutes les opérations financières du CNJF s’étaient déroulées sous la surveillance directe de la Brigade financière de l’IGF, rendant toute malversation structurelle improbable sans la complicité de l’organe de contrôle le plus respecté du pays. Cette confrontation illustre la tension entre une expertise de terrain cherchant à justifier les investissements d’avenir et une gestion de trésorerie cherchant à limiter les dépenses immédiates de l’État.

Ambitions politiques et vision pour la métropole de Kinshasa

Fort de son expérience à la tête des Jeux de la Francophonie, Isidore Kwandja a entamé une transition vers la politique active en 2024. Son annonce de candidature au poste de Gouverneur de la ville-province de Kinshasa a été perçue comme une tentative d’appliquer les principes de la gestion axée sur les résultats à l’une des mégapoles les plus complexes d’Afrique.

Sa vision pour Kinshasa s’appuie sur un constat lucide de la dégradation de la capitale, caractérisée par une insalubrité chronique, un réseau routier en ruines et une érosion de l’autorité publique. Se définissant comme un « oiseau rare » capable de relever des défis impossibles, il a proposé un programme ambitieux structuré autour de la transformation urbaine et de la restauration de l’ordre.

Parmi ses engagements phares pour Kinshasa figuraient :

  • La mobilité urbaine massive : La construction d’un métro léger et la réhabilitation des voies ferrées urbaines pour désengorger la ville et réduire l’empreinte carbone.
  • La salubrité industrielle : Le passage d’une gestion de crise des déchets à une véritable industrie de l’assainissement, visant à éliminer les tas d’immondices et les odeurs nauséabondes qui pénalisent la santé publique.
  • Le rayonnement international : Préparer la ville pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2029), en capitalisant sur les infrastructures construites pour les Jeux de la Francophonie.
  • La régulation comportementale : Renforcer la capacité des forces de l’ordre à sanctionner les incivilités, notamment celles liées à la conduite des motocyclistes (wewa), afin de sécuriser les citoyens et leurs biens.

Bien que le processus électoral de 2024 ait conduit à un autre dénouement pour le gouvernorat, la candidature de Kwandja a introduit dans le débat public kinois des concepts de planification urbaine moderne et d’éthique de gestion qui contrastent avec les approches clientélistes traditionnelles. Sa légitimité s’est nourrie de sa capacité prouvée à livrer un projet complexe (les Jeux) dans des délais records, un argument qui a trouvé un écho significatif auprès d’une population aspirant à des résultats concrets.

Positionnement géopolitique et enjeux de la Francophonie en 2025

En cette fin d’année 2025, Isidore Kwandja Ngembo demeure une voix influente dans le débat sur la souveraineté de la RDC et sa place au sein de la famille francophone. Son rôle a évolué vers celui d’un analyste stratégique et d’un représentant des intérêts nationaux face aux tensions régionales, notamment avec le Rwanda.

La défense de l’intégrité territoriale au sein de l’OIF

L’un des axes majeurs de son action en 2025 concerne la position de la RDC vis-à-vis de l’Organisation internationale de la Francophonie. Kwandja s’est montré particulièrement critique envers l’incapacité de l’OIF à condamner fermement et à sanctionner le Rwanda, qu’il désigne comme l’agresseur de la RDC dans l’Est du pays. Il a publiquement exhorté le gouvernement congolais à conditionner sa participation aux instances de la Francophonie, allant jusqu’à suggérer une suspension de présence ou un retrait définitif si les valeurs fondamentales de l’organisation, telles que la paix et le respect de la souveraineté, ne sont pas respectées.

Il a notamment pris position contre la tenue de la 46ème Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) à Kigali en novembre 2025, affirmant que l’organisation d’un tel événement au Rwanda constituerait une « caution tacite de l’agression » et une transgression flagrante des principes portés par la Charte de la Francophonie. Ce positionnement reflète une doctrine de diplomatie préventive et de fermeté patriotique, où l’appartenance linguistique ne doit pas primer sur la sécurité nationale.

Poursuite de l’expertise sportive et rayonnement continental

Parallèlement à ses engagements diplomatiques, Isidore Kwandja continue de mettre l’expertise du Comité National des Jeux de la Francophonie au service d’autres fédérations sportives. Sa gestion réussie des infrastructures de 2023 a fait de lui un conseiller incontournable pour les événements à venir.

En 2025, son expertise a été sollicitée pour deux événements majeurs prévus à Kinshasa :

  • Le Championnat d’Afrique de lutte (2026) : L’annonce de l’accueil de cette compétition par Kinshasa en mai 2025 a cité Kwandja comme un acteur clé de la préparation.
  • La CAN-Handball Féminine : La Fédération de Handball du Congo (FEHAND) a officiellement sollicité l’expertise du CNJF pour l’organisation de cette coupe d’Afrique, reconnaissant que la structure mise en place par Kwandja constitue désormais un modèle de référence en matière de logistique événementielle en Afrique centrale.
Événement / HorizonRôle / ImplicationStatut en 2025
Sommet de la Francophonie 2026Analyse stratégique sur le Secrétariat GénéralAppel à une candidature de la RDC
Championnat d’Afrique de LutteExpert-conseil pour l’organisationPrévu à Kinshasa en 2026
CAN-Handball FéminineAppui technique et logistiqueExpertise sollicitée par la FEHAND
Réforme de l’AdministrationPlaidoyer pour la modernisationActivité constante via Mondoblog
Synthèse de l’impact institutionnel et perspectives de gouvernance

Le parcours d’Isidore Kwandja Ngembo, analysé à travers le prisme de ses réalisations et de ses prises de position jusqu’en décembre 2025, révèle une mutation profonde du leadership en RDC. Son impact se décline sur trois niveaux de transformation institutionnelle : la culture de la performance, la doctrine diplomatique et l’urbanisme prospectif.

L’implantation de la gestion axée sur les résultats

L’héritage le plus tangible de Kwandja est la démonstration qu’une structure publique congolaise peut fonctionner selon les standards internationaux de la gestion axée sur les résultats (GAR). En livrant les IXes Jeux de la Francophonie dans un contexte de crise, il a brisé le cycle de la fatalité administrative. Sa méthode, reposant sur des commissions sectorielles, des audits permanents de l’IGF et une communication transparente (bien que contestée par le ministère des Finances), constitue désormais une « boîte à outils » pour les futures réformes de la fonction publique congolaise. La reconnaissance de cette expertise par des instances telles que la FEHAND ou la Fédération de lutte confirme que le « modèle Kwandja » est en train de se pérenniser au-delà de sa mission initiale.

Une diplomatie de souveraineté et d’influence

Sur le plan géopolitique, Isidore Kwandja a su utiliser la Francophonie non comme une simple plateforme de coopération culturelle, mais comme un levier d’affirmation nationale. Sa position ferme vis-à-vis du Rwanda et ses appels à une restructuration de l’OIF montrent une volonté de faire de la RDC non plus un simple membre, mais le pivot central de l’espace francophone mondial. Ses réflexions sur la possibilité pour la RDC de briguer le Secrétariat Général de la Francophonie en 2026 témoignent d’une ambition de leadership continental qui dépasse les frontières nationales.

Vers une technocratie de terrain

Enfin, l’engagement politique de Kwandja, notamment sa vision pour Kinshasa, souligne l’émergence d’une technocratie de terrain. Son programme pour la capitale, axé sur le métro léger et la salubrité industrielle, marque une rupture avec les approches purement politiciennes. Bien que ces projets nécessitent des financements massifs et une stabilité politique pérenne, ils ont le mérite de fixer des objectifs techniques clairs pour la modernisation des infrastructures urbaines en Afrique.

En conclusion, Isidore Kwandja Ngembo incarne cette transition nécessaire de la RDC vers une gestion plus rigoureuse et éthique de la chose publique. Son parcours montre que l’expertise de la diaspora, lorsqu’elle est combinée à une volonté politique au sommet de l’État et à une capacité d’adaptation locale, peut produire des résultats significatifs. Cependant, les controverses budgétaires rencontrées rappellent que la transparence absolue demeure un défi dans un système en pleine mutation. En 2025, Kwandja reste un acteur de premier plan dont l’influence sur les futures réformes administratives et les grands événements sportifs de la RDC sera déterminante pour la consolidation de l’État de droit et de la performance publique.

Ouvrages cités

1. Biographie ⋆ Isidore KWANDJA NGEMBO – Mondoblog, https://isidorekwandja.mondoblog.org/reseaux-sociaux/biographie/

2. Fonction Publique : Et si Sama Lukonde nommait Isidore Kwandja ! – Scoop RDC, https://scooprdc.net/2021/04/06/fonction-publique-et-si-sama-lukonde-nommait-isidore-kwandja/

3. Isidore KWANDJA NGEMBO ⋆ Je suis responsable de ce que j …, https://isidorekwandja.mondoblog.org/

4. Isidore Kwandja – Radio Okapi |, https://www.radiookapi.net/mot-cle/isidore-kwandja

5. RDC, Gouvernement Ilunkamba : éviter la politisation de l’administration publique – Afrik, https://www.afrik.com/rdc-le-gouvernement-ilunkamba-mis-en-garde-contre-la-politisation-de-l-administration-publique

6. « Nous pouvons rassurer l’opinion que nous allons y parvenir ». ISIDORE KWANDJA NGEMBO Directeur du Comité national des IXèmes Jeux de la Francophonie – HESHIMA MAGAZINE, https://heshimardc.net/v1/2023/07/24/nous-pouvons-rassurer-lopinion-que-nous-allons-y-parvenir-isidore-kwandja-ngembo-directeur-du-comite-national-des-ixemes-jeux-de-la-francophonie/

7. Jeux de la Francophonie Isidore KWANDJA, la touche d’un fin connaisseur de la … – heshima magazine, https://heshimardc.net/v1/2023/07/13/jeux-de-la-francophonie-isidore-kwandja-la-touche-dun-fin-connaisseur-de-la-francophonie/ 8. Le nouveau directeur national des 9èmes jeux de la francophonie, Isidore Kwandja – ACP, https://acp.cd/nation/le-nouveau-directeur-national-des-9emes-jeux-de-la-francophonie-isidore-kwandja/

9. Décryptage : Isidore Kwandja Ngembo, directeur du Comité national des jeux de la Francophonie – YouTube, https://www.youtube.com/watch?v=vMFNLn-9QM0

10. Jeux de la Francophonie : Isidore Kwandja Ngembo évoque « le bilan positif » et les héritages des Jeux 2023 – Women Sports Africa, https://africa.womensports.fr/news/jeux-de-la-francophonie-isidore-kwandja-evoque-le-bilan-positif-et-les-heritages-des-jeux-2023-54467.shtm

11. VIDÉO. Jeux de la Francophonie : ils s’apprêtent à faire leur grand retour ! | TV5MONDE, https://information.tv5monde.com/afrique/video/jeux-de-la-francophonie-ils-sappretent-faire-leur-grand-retour-2650019

12. 9es Jeux de la Francophonie, Kinshasa, Congo – Seychelles Nation, https://www.nation.sc/articles/18725/9es-jeux-de-la-francophonie-kinshasa-congo

13. IXes Jeux de la Francophonie : divergence entre Kazadi et Kwandja …, https://www.radiookapi.net/2023/10/30/emissions/dialogue-entre-congolais/ixes-jeux-de-la-francophonie-divergence-entre-kazadi

14. IXes Jeux de la Francophonie : controverse entre Nicolas Kazadi et Isidore Kwandja sur le dépassement budgétaire de 276 millions USD | Radio Okapi, https://www.radiookapi.net/2023/10/30/actualite/economie/ixes-jeux-de-la-francophonie-controverse-entre-nicolas-kazadi-et

15. Communication Digitale | PDF | République démocratique du Congo – Scribd, https://fr.scribd.com/document/697926552/Communication-digitale 16. Après les IXès de la Francophonie, course vers le Gouvernorat …, https://laprosperiteonline.net/2024/03/04/apres-les-ixes-de-la-francophonie-course-vers-le-gouvernorat-rdc-isidore-kwandja-ngembo-veut-kinshasa/

17. Francophonie : Isidore Kwandja appelle la RDC à se déterminer …, https://scooprdc.net/2025/03/01/francophonie-isidore-kwandja-appelle-la-rdc-a-se-determiner-maintenant/

18. Et si la RDC briguait le secrétariat général de la Francophonie ? – Scoop RDC, https://scooprdc.net/2025/06/12/et-si-la-rdc-briguait-le-secretariat-general-de-la-francophonie/

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