RDC : L’eau congolaise, notre or bleu, avant qu’il ne soit trop tard

Par Gilbert Muhika/Analyste indépendant.

La RDC détient plus de la moitié des réserves d’eau douce de l’Afrique. Mais savons-nous vraiment ce que cela signifie ?

Pendant des années, les Congolais ont cru que leur richesse se limitait à l’or, au cobalt, au cuivre ou au coltan. Pourtant, une autre richesse, plus vitale encore, coule sous nos pieds et à travers nos rivières : l’eau douce.

La République démocratique du Congo est aujourd’hui le cœur hydraulique de l’Afrique. Fleuve Congo, lacs, rivières, nappes souterraines : notre pays concentre une part exceptionnelle des ressources en eau du continent. Certains experts estiment que plus d’une goutte d’eau africaine sur deux est liée, directement ou indirectement, au bassin congolais.

Mais la vraie question est simple : « sommes-nous prêts à protéger cette richesse ? »

Quand l’eau devient une arme silencieuse

Partout dans le monde, l’eau devient un enjeu de pouvoir. Des pays entrent en tension pour un fleuve. Des multinationales sécurisent des sources pour des décennies. Des villes entières manquent d’eau pendant que d’autres la vendent.

Aujourd’hui, la RDC est encore perçue comme un pays « riche en eau ». Demain, sans anticipation, elle pourrait devenir un pays convoité pour son eau, comme elle l’a été – parfois au détriment de sa souveraineté – pour ses minerais.

L’histoire des minerais devrait nous servir de leçon.

L’erreur à ne pas répéter. Pendant longtemps, nos minerais étaient exploités sans vision globale, sans contrôle réel, sans planification stratégique.

Résultat contrats déséquilibrés, perte de valeur, tensions sociales, dépendance.

ATTENTION : « Si nous traitons l’eau comme nous avons traité certains minerais, nous courons vers une crise future ». L’eau n’est pas infinie (même au Congo)

Contrairement aux idées reçues, l’eau peut être polluée, accaparée, surexploitée, rendue inaccessible à la population locale, mais avec l’urbanisation rapide, l’agriculture industrielle, les villes nouvelles, les projets énergétiques, le changement climatique, la question n’est plus « avons-nous de l’eau ? » mais « comment la gérons-nous aujourd’hui pour qu’elle existe encore demain ? »

Ce que le peuple doit comprendre : L’eau, c’est la vie ; L’eau, c’est la santé ; L’eau, c’est la nourriture ; L’eau, c’est la paix.

Un pays qui ne contrôle pas son eau, ne contrôle pas son développement, ne contrôle pas sa sécurité, ne contrôle pas son avenir.

Une question nationale, pas seulement technique, la gestion de l’eau ne doit pas être laissée uniquement aux experts, uniquement aux partenaires, uniquement aux contrats. C’est une question de souveraineté nationale.

Chaque Congolais doit se poser ces questions : Qui contrôle nos sources d’eau ? Qui décide de leur usage ? Qui protège les rivières et les nappes ? Qui anticipe les besoins des générations futures ?

Ce que nous devons exiger collectivement : Une politique nationale claire de l’eau ; Une protection des sources stratégiques ; Une planification à long terme, pas des décisions improvisées ; Une transparence totale dans les projets liés à l’eau ; Une priorité absolue à l’eau potable pour la population.

L’or bleu avant l’or vert

Le monde entre dans le siècle de l’eau. La RDC a une longueur d’avance naturelle. Mais une richesse non protégée devient une malédiction. Une richesse anticipée devient une force.

Le débat doit commencer maintenant dans les médias, dans les écoles, dans les églises, dans les institutions parce que l’eau congolaise appartient au peuple congolais.

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