Grogne à l’AAC : Opposition au retour de Cécile Kabwika Masengu au poste de DAF !

AAC, c’est un acronyme inconnu par les Congolais qui l’entendent certainement et rarement à leurs oreilles. Et pourtant c’est tout simplement l’Autorité de l’Aviation civile Congolaise, une structure sous tutelle du ministère des Transports, communications, voies de communications et désenclavement que dirige actuellement Jean-Pierre Bemba Gombo.  

D’après les informations parvenues à Scoop RDC, les agents de l’AAC s’opposent au retour annoncé aux affaires de madame Cécile Kabwika Masengu, ancienne directrice financière et administrative, révoquée, rapporte-t-on au média en ligne, pour détournement des fonds en plusieurs séquences.

En effet, un rapport du cabinet d’audit indépendant « Quitus Consult » recruté pour scruter la gestion financière de l’AAC entre janvier 2022 et mars 2025, a sorti des cadavres dans le placard. Cet audit avait, comme objectif, d’évaluer l’efficacité des contrôles internes entourant les processus d’engagement et de paiement des dépenses, pour s’assurer de leur conformité avec la politique interne de l’établissement.

« Nos investigations ont mis en évidence deux catégories d’anomalies majeures :

1. Malversations (détournements) de fonds : Un système élaboré de détournement a été mis en place, impliquant principalement : – Fausses factures des soins de santé; – Remboursements de certains frais de santé non dus : Fausses factures de certaines formations ; Double paiement de certaines factures : – Logiciel comptable payé mais non livré; – Certains agents AAC se substituant à certains fournisseurs: – Conflit d’intérêts en interne (Initiateur/évaluateur/bénéficiaire); – Remboursements frais de soins de santé sans requérir intentionnellement l’avis du Responsable de la Cellule médicale: – Commandes exagérées de consommables informatiques sans autorisation de la Direction Générale, en violation des procédures internes en la matière : Absence des signatures des bénéficiaires sur de nombreux bons de sortie caisse Des dépenses sans pièces justificatives; – Une entreprise de service payée pendant 5 ans sans réelles prestations : GEPECO.

2. Défaillances Graves de Gestion et de Contrôle : Au-delà des malversations, nous observons : – des commandes passées sans respect des procédures de passation de marchés publics : – Retenues sur salaires, des impôts non versés au Trésor public, sans justification ; – Paradoxe du dépôt à terme (DAT) à la Rawbank ; alors que le compte courant de l’AAC est constamment en découvert ; – Classement des pièces comptables non conforme », peut-on lire dans ce rapport qui résume un scandale financier évalué à près de 5,6 millions USD, chiffre qui, bien que probablement non exhaustif, illustre l’ampleur des risques auxquels l’institution « AAC » a été exposée pour la période de janvier 2022 à mars 2025. 

Bref, le rapport de Quitus Consult révèle un environnement de contrôle interne gravement défaillant, caractérisé par une usurpation des pouvoirs par la Directrice Financière et Administrative  » DFA » et une violation systématique des procédures, qui avait transformé la Direction Financière et Administrative en une plate-forme de détournement de fonds.

Et c’est ce rapport qui a été à la base du licenciement de madame Cécile Kabwika Masengu. Mais un ancien député national et ancien ministre, proche d’elle, influencerait pour son retour. Démarche à laquelle les agents de l’AAC s’opposent farouchement. Non sans raison, car ils estiment qu’elle ne devrait pas revenir à son poste sans qu’elle ne réponde d’abord de ses actes devant la justice.

Selon une révélation faite à Scoop RDC, une autorité interne de l’AAC soutiendrait aussi ce retour. Et face à tous ces parapluies protecteurs, les agents interpellent la tutelle de l’AAC, la première ministre ainsi que le président de la République pour qu’ils ne laissent pourrir la situation et sauver la vie de cette institution étatique aujourd’hui ternie, à cause des intérêts égoïste d’un groupe de gens.

D’autres agents de l’ACC accusent à tort ou à raison le directeur général de fermer ses yeux sur les bavures de Mme Cécile Kabwika qui serait sa belle-sœur qui occupe ce poste depuis 9 ans. Dossier à suivre.

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