Dibaya : Impayés trois mois, les enseignants grognent !

Par Jacques KALENGAYI Shambuyi

La tension monte dans le territoire de Dibaya, au Kasaï Central. Les enseignants des trois sous-divisions EPST de Tshimbulu, Tshikula et Kaponde ont organisé, le week-end dernier, un sit-in de protestation pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires depuis trois mois.

Depuis septembre, ces professionnels de la craie affirment n’avoir reçu aucun franc.Une situation qu’ils qualifient d’« insupportable » à l’approche des fêtes de fin d’année.

Caritas pointée du doigt 

Au cœur de la colère : la banque Caritas, chargée de la paie, est accusée de retards récurrents, de manquements organisationnels et de « pratiques qui compromettent la dignité des enseignants ».

Selon plusieurs protestataires, les retards observés ne seraient pas un cas isolé, mais feraient partie d’un problème structurel qui perdure depuis plusieurs années.

Les enseignants réclament ainsi une mutation vers un autre établissement bancaire, estimant que Caritas n’offre plus les garanties nécessaires pour assurer une paie régulière et transparente.

Des familles plongées dans la précarité

Dans leur déclaration lue devant les autorités locales, les enseignants évoquent une situation sociale alarmante :

« Nos familles sont plongées dans la précarité totale. Nous n’avons plus de quoi nourrir nos enfants ni répondre aux besoins élémentaires », ont-ils déploré.

À quelques semaines des fêtes, plusieurs d’entre eux affirment vivre de dettes, tandis que d’autres disent être menacés d’expulsion pour loyers impayés.

Silence du gouvernement et ultimatum de 72 heures

Les protestataires dénoncent également le silence du gouvernement central, qu’ils accusent de laisser pourrir la situation.

Ils rappellent que la problématique de la paie dans le territoire de Dibaya n’est pas nouvelle et qu’aucune réforme durable n’a encore été engagée.

Face à l’inaction, un ultimatum de 72 heures a été lancé : si les salaires ne sont pas versés dans ce délai, les enseignants annoncent une grève générale sur toute l’étendue de Dibaya, paralysant potentiellement toutes les écoles publiques de la zone.

Une telle grève pourrait avoir un impact majeur sur le calendrier scolaire, déjà fragilisé par des interruptions répétées au cours des dernières années.

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