Pourtant censée être au cœur de la politique sociale nationale, la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP) traverse de profondes turbulences qui paralysent son fonctionnement et l’empêchent d’atteindre son plein potentiel.
En effet, son directeur général, Junior Mata, est accusé de désarticuler les organes de gouvernance de cette institution. Alors qu’il procède à des promotions intempestives au profit de proches, amis et membres de sa famille, dont la majorité n’aurait ni l’expérience requise ni les titres académiques nécessaires, l’accuse-t-on, il asphyxie le Conseil d’administration en privant certains de ses membres de leurs droits légitimes.
Selon des sources internes, les principales causes de ces blocages résident dans la difficulté pour le Conseil d’administration de fonctionner normalement, aggravée par l’irrégularité et les absences répétées du directeur général.
Il y a quelque temps, Junior Mata avait déjà été poursuivi en justice par Me Éloi Yeye, assistant principal du président du Conseil d’administration (PCA), Christian Ntungila, qui exigeait la régularisation de sa situation conformément aux textes en vigueur. L’établissement aurait perdu des sommes importantes dans cette affaire en raison, dit-on, du refus du DG d’appliquer les dispositions légales.
La situation, loin de s’améliorer, se dégrade davantage. Le Conseil d’administration fonctionne aujourd’hui avec des agents journaliers, à l’instar du chauffeur du PCA. Là encore, Junior Mata est accusé de bloquer la régularisation administrative et salariale de ces collaborateurs.
Pendant ce temps, plusieurs membres de son entourage seraient nommés en désordre à des postes de responsabilité, parfois sans aucune qualification ni expérience. Or, rappellent plusieurs sources, le DG Junior Mata avait été expressément invité et utilement conseillé par sa hiérarchie à collaborer harmonieusement avec le PCA pour assurer la bonne marche de la CNSSAP, en tirant parti de la longue expérience et de l’expertise de ce dernier dans le domaine de la sécurité sociale.
À la présidence de la République, on affirme que c’est précisément pour cette raison que le chef de l’État avait porté son choix sur Christian Ntungila pour présider le Conseil d’administration de la CNSSAP. D’où l’incompréhension face à l’entêtement du directeur général à refuser une collaboration professionnelle.
« Il joue gros, car ses parapluies finiront par s’envoler face à la tempête si la CNSSAP continue de s’enfoncer dans la mauvaise gestion », avertit un conseiller à la présidence.
Toujours absent au travail
Autre problème majeur : l’absence devenue chronique du directeur général. C’est un secret de polichinelle, confient plusieurs agents, que Junior Mata ne se rend à son bureau qu’une à deux fois par semaine, souvent entre 15 h et 16 h, avant de repartir au bout de deux ou trois heures.
Ce constat peut être vérifié par quiconque fréquente, habite ou travaille aux abords du siège de la CNSSAP.
Plus grave, depuis quelques jours, l’établissement est littéralement sans gestionnaire : le directeur général adjoint étant malade, et le directeur général, lui, en séjour à l’étranger, aux frais de la CNSSAP, selon un cadre. Conséquence : la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État a passé toute une semaine sans direction effective, le DG et le DGA n’ayant pas été aperçus au bâtiment abritant le siège de l’institution.


